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Dans les poches

Un bon bouquin, ça ne périme pas! Et après, ça passe en poche et c'est encore mieux parce qu'on peut l'emporter partout! 

Dans les poches : Franck Bouysse / Chloé Delaume / Grégoire Hervier / Daniel de Roulet

  • Écrit par Serge Bressan
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bouysseDans les poches de Serge Bressan - Lagrandeparade.com /

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Dans les poches : Julian Barnes / Véronique Ovaldé / Jean Rouaud

  • Écrit par Serge Bressan
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« La seule histoire » de Julian Barnes

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Dans les poches : Gilles Clément / J.M. Coetzee / Ma Jian / Maylis de Kerangal

  • Écrit par Julie Cadilhac
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Dans les poches : Jean Hatzfeld / Théodore Monod et Maximilien Dauber / Zadie Smith / Jan Stocklassa

  • Écrit par Serge Bressan
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mètreDans les poches de Serge Bressan - Lagrandeparade.com /

« Deux mètres dix » de Jean Hatzfeld

Dans une première vie professionnelle, Jean Hatzfeld fut journaliste. Il commença à raconter, dans un quotidien de libération, le sport. La geste sportive. Ensuite, il fut grand reporter, couvrant ainsi de nombreux conflits à travers le monde (entre autres, en ex-Yougoslavie et au Rwanda). Et puis, il est passé à l’écriture format XXL. Romans, récits… En août 2018, il publiait un roman, « Deux mètres dix », avec le sport en fond de décor. Avec Hatzfeld, le sport n’est pas le prétexte à l’écriture de l’épique, genre sueur et exploits. Toujours, il sait en saisir et rapporter la dimension humaine, sociale, culturelle, même historique. Ainsi, avec « Deux mètres dix », beau roman avec quatre personnages principaux, quatre sportifs de très haut niveau dans une période qui court des Jeux olympiques de 1980 à Moscou à aujourd’hui : deux haltérophiles (un Américain et un Kirghize), deux sauteuses en hauteur (une Américaine, une Kirghize). Un texte où se mêlent admiration et détestation, guerre froide et vies cabossées d’après le sport…

Deux mètres dix
Auteur: Jean Hatzfeld
Editions : Folio / Gallimard
Parution : 9 janvier 2020
Prix : 7,50 €

arthaud« Le Vieil Homme et la petite fleur » de Théodore Monod et Maximilien Dauber

La réédition d’un livre délicieux paru en 2010. Deux auteurs pour « Le vieil Homme et la petite fleur » : Maxime Dauber, photographe et réalisateur ciné, et Théodore Monod, décédé en 2000 à à 98 ans, membre de l’Académie des Sciences, zoologiste, botaniste, géographe, géologue, archéologue, préhistorien, anthropologue, linguiste et écologiste de la première heure. Tout au long de sa vie, Monod a dénoncé les actions et l’inconséquence de l’homme qui bouleverse, qui anéantit les équilibres naturels. Monod, ce fut aussi un « marcheur du désert » africain. Ainsi, en 1940, il va en expédition dans le Sud de la Lybie et y découvre une plante d’un genre nouveau- un spécimen unique qui la communauté scientifique baptise « Monodiella flexuosa ». Elle cache ses secrets dans l’herbier du Museum. Et puis, à l’aube de sa vie- il a alors 94 ans, Monod part avec Dauber et une équipe au Tibesti pour tenter de retrouver cette « Monodiella flexuosa ». Les voilà partis en une expédition aventureuse, les décors désertiques donnent le vertige, Monod une fois encore vit sa passion pour le désert. Pourtant, que de contraintes et de tracasseries pour cet ultime voyage en désert : contraintes physiques, terrain miné, entrée frauduleuse en Libye… « Le Vieil Homme et la petite fleur », c’est le récit de cette dernière expédition : Maxime Dauber écrit dans ses moindres détails ce voyage qui a commencé un jeudi 24 octobre et s’est achevé un vendredi 22 novembre, et y glisse des commentaires « en direct » et des souvenirs de 1940 de Théodore Monod. Lequel avait coutume de dire et répéter : « Il n’y a pas de joie plus grande que de parvenir à saisir une partie du mystère du monde ». A méditer encore et encore…

 

Le Vieil Homme et la petite fleur
Auteur : Théodore Monod et Maximilien Dauber
Editions : Arthaud Poche
Parution : 8 janvier 2020
Prix : 7,90 €

zadie« Swing Time » de Zadie Smith

« Nous avions exactement la même couleur de peau- à croire que nous avions été fabriquées dans le même tissu marron clair, nos taches de rousseur se concentraient aux mêmes endroits, et nous avions la même taille », on lit puis on plonge dans le roman. Le cinquième en VF de la star des lettres britanniques, la lumineuse Zadie Smith- 43 ans, née dans la banlieue londonienne, célèbre dès son premier roman, « Sourires de loup » (2001). Et avec ce texte paru en août 2018 en VF et simplement titré « Swing Time », elle a frappé à nouveau un grand coup. C’est bien « un roman d’apprentissage et de désillusion », assure l’éditeur français. C’est tout ça, et c’est aussi beaucoup plus, beaucoup mieux avec cette histoire de deux petites filles métisses qui ont grandi ensemble, amies- l’une avec un père noir et une mère blanche, l’autre avec un père blanc et une mère noire. Maîtresse dans l’art de construire un roman, Zadie Smith place « Swing Time » dans la Londres des années 1980. Les deux fillettes chantent et dansent. L’une, la narratrice, brillante en études, devient l’assistante d’une star de la pop mondiale et l’accompagne dans un projet en Afrique. L’autre est devenue danseuse mais connaîtra la misère- elle en fera le moteur de sa vie et en nourrira sa soif de vengeance et de pouvoir. Dans ce roman de l’écrivaine britannique, on peut pointer quelques touches de parenté avec « L’Amie prodigieuse » de l’Italienne Elena Ferrante. On peut, mais avec Zadie Smith, c’est l’ode à la littérature de l’intime. Dans « Swing Time », il y a aussi et encore les thèmes chers à Zadie Smith : le métissage, le racisme, l’identité, la célébrité,... Il y a aussi et toujours une pointe d’humour et beaucoup d’humanité.

 

Swing Time
Auteur : Zadie Smith
Traduit par Emmanuelle et Philippe Aronson
Editions : Folio / Gallimard
Parution : 3 janvier 2020
Prix : 9,10 €

stieg« La folle enquête de Stieg Larsson » de Jan Stocklassa

Très vite, on est prévenu : « Trente pages de ce livre sont directement de la main de Stieg [Larsson]- articles, lettres, mémorandums. Beaucoup de dialogues ont été retranscrits mot pour mot, d’autres romancés à partir des documents trouvés dans les archives de Stieg et de plus d’une centaine d’entretiens ». Une précision apportée par Jan Stocklassa, 54 ans, journaliste suédois et auteur de « La folle enquête de Stieg Larsson ». Tout commence le 28 février 1986 dans une rue de Stockholm. En soirée, après être allés au cinéma, le Premier ministre Olof Palme et son épouse rentrent à leur domicile, à pied. Un inconnu s’approche, il a un Smith & Wesson, il tire à bout portant. Olof Palme est tué. A l’époque, Stieg Larsson a 31 ans et est journaliste-graphiste à la grande agence de presse TT, bien loin de l’écrivain de la saga « Millenium ». Il s’intéresse à l’extrême-droite suédoise dont il est un des rares à connaître et comprendre les rouages et pressent la montée dans son pays. Larsson se lance dans une « folle enquête » sur l’assassinat du Premier ministre suédois. Une enquête difficile qui va le mener sur des pistes qui se révèlent culs-de-sac et impasses. Il laissera tomber, abandonnera les recherches… En mars 2013, Jan Stocklassa- un temps architecte, reprend l’enquête laissée en plan par Stieg Larsson, dont il découvre les archives dans un entrepôt de Stockholm et que personne n’avait jusqu’alors consultées. Méticuleusement, Stocklassa reprend la folle enquête de Stieg Larsson. En se plongeant dans cette montagne d’archives et ne craignant pas de se mettre en situation dans le récit, Jan Stocklassa a trouvé la piste sur laquelle Stieg Larsson travaillait. Une piste qui mène à l’Afrique du sud, cette Afrique du sud de l’avant-Mandela et de l’apartheid. Une piste avec des noms des commanditaires de l’assassinat, des organisateurs, des intermédiaires et même de celui qui aurait tiré avec le Smith & Wesson- d’après Stocklassa, un sympathisant des idées de l’extrême droite… Oui, « La folle enquête de Stieg Larsson » est aussi un formidable thriller sur fond politico-économique…

La folle enquête de Stieg Larsson
Auteur : Jan Stocklassa
Traduit par Julien Lapeyre de Cabanes
Editions : J’ai Lu
Parution : 15 janvier 2020
Prix : 8,20 €

Dans les poches : Claire Castillon, Sarah Chiche, Jim Harrison et Victor Remizov

  • Écrit par Serge Bressan
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castillonCe mois-ci, dans les poches de Serge Bressan - Lagrandeparade.com.

« Ma grande » de Claire Castillon

Un homme a tué. Noyé sa femme dans la baignoire. Il n’en pouvait plus de cette violence au quotidien, non pas une violence physique mais une violence psychologique. Harcèlement dans le couple. La femme qui impose ses règles, sa loi entre les quatre murs du domicile conjugal- et même à l’extérieur.

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Dans les poches : Philip K. Dick, Asli Erdogan, Jean Rolin et Fred Vargas

  • Écrit par Serge Bressan
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DickPar Serge Bressan - Lagrandeparade.fr / Dans les poches de Serge Bressan ce mois-ci...

« Ubik » de Philip K. Dick

Un des grands classiques de la littérature de science-fiction. Paru en VO en 1969 (et en VF en 1970), « Ubik » de l’Américain Philip K. Dick (1928- 1982) revient en format poche dans un nouvel et très élégant habillage. Et toujours l’assurance d’une belle lecture toute en flottaison entre la régression du temps et l’instabilité du monde des morts. Traduite en français par Alain Dorémieux, voilà « une histoire d'horreur existentielle profondément troublante, un cauchemar dont vous ne serez jamais sûr de vous être réveillé », comme l’affirmait le critique Lev Grossman.

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Scènes de lecture, de Saint-Augustin à Proust : Folio Classique lave les yeux et nettoie les neurones

  • Écrit par Guillaume Chérel
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Par Guillaume Chérel - Lagrandeparade.com/ En ces temps de profusion éditoriale (il faut dire ce qui est), où des livres sont produits, « marketés », formatés pour séduire des lecteurs (et « trices », surtout, car ce sont des femmes qui lisent en majorité des romans) pour qui la lecture n'est qu'un loisir de plus, l'initiative d'Aude Volpihac (Scène de lectures : de Saint-Augustin à Proust), est à prendre comme un acte de résistance culturelle. Lire la suite...

Dans les poches : Le Bouquin de la mode, Anny Duperey, Paul Verlaine et Alice Zeniter

  • Écrit par Serge Bressan
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modePar Serge Bressan - Lagrandeparade.fr / Dans les poches de Serge Bressan, ce mois-ci... Lire la suite...

Dans les poches : Christian Bobin, Haruki Murakami et Seiji Ozawa, Scènes de lecture et Peter Wohllleben

  • Écrit par Serge Bressan
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fantômesPar Serge Bressan - Lagrandeparade.fr / Dans les poches de Serge Bressan en ce mois de novembre 2019...

L’amour des fantômes » de Christian Bobin
Dès les premières lignes, on est prévenu : pour « L’amour des fantômes », Christian Bobin s’est déchargé de l’écriture du début de son « petit livre ». Il nous glisse : « Un papillon noir vole au-dessus du pré, devant ma fenêtre. Je le charge d’écrire pour moi les premières lignes de ce petit livre. Je reprendrai la main ensuite ». Ainsi, romancier et poète, pour cette collection « Carnets », il raconte sa ville natale, Le Creusot- ville minière de Saône-et-Loire. En à peine 80 pages, il bouscule le genre de la littérature du souvenir. Avec Bobin qui, depuis une quarantaine d’années, construit sans tapage une belle œuvre littéraire, disparaissent l’appartenance, les racines, l’identité… Avec une élégance et une économie de mots, il dessine les rues du Creusot, évoque ses maisons préférées et ce ciel qui roule. Il écrit aussi que « l'âme a un besoin vital d'herbes folles et de vieilles choses ». Et n’oublie ces fantômes, dont celui de son père, dans des pages magnifiques.

L’amour des fantômes
de Christian Bobin
Editions: L’Herne
Parution : 18 septembre 2019
Prix : 8 €

 

 

de la musique « De la musique. Conversations » de Haruki Murakami et Seiji Ozawa
Star internationale à qui chaque année on promet le Nobel de littérature, Haruki Murakami est aussi connu pour sa passion pour le marathon et le jazz. On le sait moins mais il est également un grand amateur de musique classique. Un de ses amis de longue date s’appelle Seiji Ozawa, chef d’orchestre à la réputation mondiale. Tous deux se sont souvent rencontrés- Murakami précise que, longtemps, ils parlaient de tout sauf de musique. Puis, entre novembre 2010 et juillet 2011, ils se sont posés, il en est sorti un livre de six entretiens : « De la musique. Conversations ». Ainsi, au fil des pages d’un livre passionnant, d’une non-fiction captivante, surgissent les coulisses du travail quotidien de l’écrivain qui résonne parfaitement avec celui du maestro. Mieux : les deux ne devisent pas seulement pour les initiés de la chose écrite ou de la musique. Avec leurs mots, ils s’adressent à tous, aux initiés certes mais aussi à tous les autres.

De la musique. Conversations
de Haruki Murakami et Seiji Ozawa
Editions : 10/18
Parution : 3 octobre 2019
Prix : 8,10 €

 

 

 

scènes« Scènes de lecture »
En cent textes, le plaisir de lire. « Scènes de lecture » (sous-titre : « De saint Augustin à Proust »), c’est une belle anthologie imaginée et compilé par Aude Volpilhac, enseignante chercheuse à l’Université Catholique de Lyon. Dans sa préface, elle glisse des mots du chevalier de Méré, extraits de ses « Lettres » publiées en 1682 : « Il y a plus de mystère à lire qu’on ne pense ». Lire, voilà une action qui diffère de l’un à l’autre- ainsi, dans cette anthologie, défilent les rapports à l’objet-livre, l’activité de lecture avec la concentration, la solitude,… sans oublier le corps du lecteur. Lire est un plaisir- intellectuel et aussi sensuel. L’érotisme couve, si souvent, à chaque coin de page. La rêverie est là ; la réflexion, jamais bien loin. Tout comme la méditation ou encore la spiritualité. Lire peut être aussi un plaisir collectif- ce qui rend floue la frontière entre l’écrit et l’oral. Et maintenant, plongez dans « Scènes de lecture ». Lisez sans modération…

Scènes de lecture
Editions: Folio classique / Gallimard
Parution : 7 novembre 2019
Prix : 9 €

vie« La vie au cœur de la forêt » de Peter Wohlleben
Pendant plus de vingt ans, il a été garde-forestier en Allemagne avant de diriger, à présent, une forêt écologique. Peter Wohlleben s’est fait connaître dans le monde avec un best-seller titré « La vie secrète des arbres », décliné ensuite en un documentaire. On le retrouve avec un nouveau livre, « La vie au cœur de la forêt ». Avec des illustrations pour chaque thème, pour chaque chapitre, il raconte les arbres, les plantes, les insectes, les oiseaux, les mammifères,… bref, tout ce qui fait une forêt. Il répond aussi à de nombreuses questions, telles : comment les animaux et les végétaux communiquent entre eux ? pourquoi certains champignons poussent dans le voisinage de certains arbres et pas des autres ? quels sont les dégâts sur une extinction (végétale ou animale) sur l’écosystème ? Avec « La vie au cœur de la forêt » et la présentation de 250 espèces, Peter Wohlleben suggère une perspective nouvelle pour appréhender la biodiversité. Donc, promenons-nous dans les bois !

La vie au cœur de la forêt
de Peter Wohlleben
Editions : J’ai Lu
Parution : 9 octobre 2019
Prix : 7,90 €

Du côté des poches : Chantreau, Fante, Kennedy Toole et la conjuration des familles...

  • Écrit par Guillaume Chérel
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avantPar Guillaume Chérel - Lagrandeparade.com/ Nous avons la chance, en France, d'avoir de superbes collections de poche qui rééditent des auteurs chevronnés, disparus, et des auteurs vivants à découvrir. Parmi ceux-ci, Jérôme Chantreau, qui avait fait son entrée en littérature avec un roman métaphorique surprenant : Avant que naisse la forêt . Il y racontait l'histoire d'Albert, père d'un enfant fait avec une belle rousse, qui vit paisiblement au bout du RER parisien, lorsqu'on lui apprend la mort de sa mère.  Albert se déplace dans la maison de cette dernière, pour faire le deuil et le point, en tête à tête avec l'urne dans laquelle il y a les cendres de sa génitrice. La maison se situe en Mayenne, au milieu d'une forêt. Sa femme lui demande quand il rentre... bientôt. Mais une nuit, il est réveillé par des bruits étranges. Dans une aile de la propriété, les murs chantent... Ces échos font ressurgir le passé. Une légende familiale lui revient : un ermite erre dans les bois. Commence alors la lente remontée des secrets familiaux. Albert n'arrive pas à quitter la maison, la forêt en fait... sa mère, quoi. La fin devrait vous surprendre.

Avant que naisse la forêt
Auteur : Jérôme Chantreau
300 pages
Editions : Pockett
Prix : 8€

mèreSon deuxième roman, Les enfants de ma mère, tourne une fois encore autour du personnage féminin qu'est – ou devrait être – la maman... Jérôme Chantreau y dresse le portrait d'une femme en quête d'elle-même. C'est les années 70-80, la gauche prend (enfin ?!) le pouvoir. Le jour où Mitterrand est élu (10 mai 1981), une femme s'émancipe, mais sa libération provoque un séisme dans la cellule familiale. La porte du 26, rue de Naples, est ouverte aux quatre vents. Son fils, Laurent, crée un groupe de rock dans les caves parisiennes, Françoise recueille chez elle des gamins fracassés par la drogue et les mauvais coups. Ils mangent quand ils peuvent, si les courses ont été faites. Laurent morfle, l'air de rien. Sa mère a eu le mérite de se libérer du patriarcat mais la cellule familiale n'existe plus. Bohème, naïve, légère, fantasque, voire irresponsable, elle laisse ses enfant s'élever seuls, surtout Laurent, qui trouve refuge auprès d'amis, tout aussi à la marge que lui pour X-raisons, mais pas de père, pas de repères. Toutes sortes d'artistes et de marginaux défilent, parfois aussi des gamins perdus. Surtout des gamins perdus... Heureusement qu'il y a Victor, le plus beau, le plus brillant de sa bande de potes mais dont les ailes seront vite brûlées. Ces années d'adolescence et d'apprentissage vont marquer Laurent à jamais. Avoir 20 ans, à Paris, dans les années 80, ce n'était pas si cool que peut le laisser croire la nostalgie d'une jeunesse perdue. La France mitterrandienne camouflait une grande sauvagerie nihiliste : c'était aussi les années Action Direct, rock alternatif et du Sida. L'espoir a vite laissé place à la désillusion. Dans ce roman tourmenté, Jérôme Chantreau le rappelle avec une grande sensibilité.

Les enfants de ma mère
Auteur : Jérôme Chantreau
450 pages
Editions : Pockett
Prix : 8 €

chien stupideUne autre histoire de « famille de fous » a été adaptée au cinéma par Yvan Attal, qui fait quasiment jouer toute la sienne, de famille, dans l'adaptation de Mon chien Stupide, de John Fante. Celui qui fut le modèle de Charles Bukowski y raconte comment l'irruption d'un énorme chien à tête d'ours débarque un soir dans sa vie d'auteur désabusé. Il n'a qu'une envie : s'envoler loin de sa famille qui le rend dingue. Sa femme Harriet et ses quatre enfants ne peuvent qu'accepter la présence de ce canidé très mal élevé qui finit par prendre leur place dans cette coquette banlieue californienne de Point Dume, au bord du Pacifique. Evidemment, c'est drôle, loufoque mais ça en dit beaucoup sur la vie d'un écrivain qui se bat pour (re)gagner sa liberté de créer.

Mon chien stupide
Auteur : John Fante, traduit de l'anglais (Etats-Unis) par Brice Matthieussent
Editions : 10/18
187 pages
Prix : 8 €

 

conjurationEt puisqu'on y est, dans la loufoquerie la plus grotesque et ironique, les éditions 10/18 ont l'heureuse idée de rééditer La Conjuration des Imbéciles, roman devenu culte de John Kennedy Toole, alors qu'il avait été refusé par toutes les grandes maisons. À trente ans passés, Ignatius vit encore cloîtré chez sa mère, à La Nouvelle-Orléans. Harassée par ses frasques, celle-ci le somme de trouver du travail. C'est sans compter avec sa silhouette éléphantesque et son arrogance bizarre... Ou Bartelby en Louisianne ! Chef d'œuvre de la littérature américaine, La conjuration des imbéciles offre le génial portrait d'un Don Quichotte yankee inclassable et culte. L'un des plus drôles de l'histoire littéraire américaine, avec Catch 22, de Joseph Heller, dans un tout autre genre (le thème de la guerre) mais qui en dit autant sur la bêtise et l'absurdité d'une grande partie du genre humain. La preuve, après son suicide, à la fin des années 70, la mère de John Kennedy Toole est à nouveau allé frapper aux portes des éditeurs, Walket Percy daigne la recevoir et lit le pavé de son fils : il est subjugué par cette histoire hors norme, à la fois drôle et triste. Il le publie en 1980 et... Toole reçoit le Prix Pulitzer en 1981 : « Quand un vrai génie apparaît en ce bas monde, on le peut reconnaître à ce signe que les imbéciles sont tous ligués contre lui », a écrit Jonathan Swift. C'est cet exergue qu'avait choisi l'apprenti écrivain, sûr de son talent, de sa différence, avant de tirer sa révérence. C'est sa mère qui l'a sorti de l'oubli. On appelle ça une tragédie.

La Conjuration des Imbéciles
Auteur : John Kennedy Toole, traduit de l'anglais (Etats-Unis) par Jean-Pierre Carasso
Editions : 10 / 18
Préface de Walker Percy
533 pages
Prix : 10,60 €

 

 

 

Dans les poches : Gilles Legardinier, Henning Mankell, Edgar Morin et Evelyn Waugh

  • Écrit par Serge Bressan
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legardinierPar Serge Bressan - Lagrandeparade.fr / Dans les poches de Serge Bressan...

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Dans les poches : Amélie Cordonnier, Maylis de Kerangal, Alban Lefranc et Andrés Trapiello

  • Écrit par Serge Bressan
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trancherDans les poches de Serge Bressan - Lagrandeparade.fr /Trancher d’Amélie Cordonnier

Un premier roman paru originellement en 2018. Son auteure ? Amélie Cordonnier, journaliste. Avec « Trancher », elle pose une question définitive : partir ou rester ? Oui, on a là le roman de la survie. La narratrice va avoir 40 ans le 3 janvier. Cette date, elle l’obsède. Une idée fixe. Parce que, depuis des années, Aurélien semblait guéri de ses accès de violence, de ses mots et paroles aussi tranchants que des lames de couteau fraîchement affûté. Et puis, soudain un matin, il replonge. « C’est revenu sans prévenir. C’était un de ces week-ends de septembre que tu préfères », lit-on. Week-end à Cabourg dans « la bicoque », surnom donné à la petite maison héritée de Josette, la grand-mère. Les enfants sont abasourdis, ne comprennent pas ce qui arrive à Aurélien. Il insulte sa femme, la narratrice. Assure que c’est malgré lui. Va-t-elle encore supporter longtemps la violence, les insultes ? Le pourra-t-elle ? Oui, le 3 janvier au plus tard, elle aura tranché…

Trancher
Auteure : Amélie Cordonnier
Editions : J’ai Lu
Parution : 4 septembre 2019
Prix : 6,50 €

 

tableUn chemin de tables de Maylis de Kerangal

On est prévenu : « La plus grande violence de ce métier tu sais, c’est que la cuisine exige qu’on lui sacrifie tout, qu’on lui donne sa vie ». Et on ouvre avec un döner kebab à Berlin- on continuera à Aulnay avec gâteaux, carbonara et pizza maison. Il y aura aussi, au aussi des pages et des pérégrinations, un tournedos Rossini, une blanquette de veau à l’ancienne, des gnocchis au beurre et à la sauge ou encore des fèves vertes et même un cochon de lait. Tout ça au programme d’« Un chemin de tables », délicieux texte de Maylis de Kerangal qui, en 2014, avait signé un magnifique roman, « Réparer les vivants ». Cette fois, pour la collection « Raconter la vie », la romancière a plongé dans le monde de la cuisine. Et raconte les jours de Mauro, jeune chef en vogue qui se fait un point d’honneur pour maintenir un certain héritage. Celui de la cuisine, de la vraie, toute en passion et solidarité, en violence et fatigue. Et ainsi, on passe de page en page, de table en table…

Un chemin de tables
Auteure : Maylis de Kerangal
Editions : Folio / Gallimard
Parution : 22 août 2019
Prix : 6,20 €

 

fassbinderFassbinder, la mort en fanfare d’Alban Lefranc

Né à Bad Worishofen (Bavière) le 31 mai 1945, Rainer Werner Fassbinder est considéré comme l’un des maîtres du « nouveau cinéma allemand » dans les années 1960-70. Il est le personnage principal d’un livre frénétique d’Alban Lefranc, titré « Fassbinder, la mort en fanfare ». Ainsi, on retrouve le cinéaste durant la soirée du 31 mai 1982. Il fête son 37ème anniversaire, ignore qu’il ne lui reste plus que dix jours à vivre ; il laissera pour l’Histoire quarante-trois films, dont « Les Larmes amères de Petra von Kant » (1972) ou encore « Le Secret de Veronika Voss » (1982, Ours d’or du Festival de Berlin). Durant cette soirée-anniversaire, fête vertigineuse, le cinéaste (qui fut aussi acteur et homme de théâtre) voit sa vie défiler. Par saccades et à-coups, le temps se rembobine. Défilent les premiers tournages, la fresque Berlin Alexanderplatz, le terrorisme, la Fraction armée rouge, le corps de ses acteurs… et puis, il y a la mort. Elle rode, fait fanfare.

Fassbinder, la mort en fanfare
Auteur :Alban Lefranc
Editions : Rivages poche
Parution : 21 août 2019
Prix : 6,50 €

 

trapielloA la mort de don Quichotte d’Andrés Trapiello

Il est certains défis qui dépassent l’impossible. Ainsi, par exemple en littérature, quand un auteur se met en tête d’imaginer et écrire une suite à un chef-d’œuvre de la chose écrite et du patrimoine mondial. En 2004, le poète et romancier espagnol Andrés Trapiello a tenté l’inimaginable avec « A la mort de don Quichotte ». Avec Cervantes, le héros meurt juste après avoir rédigé son testament. Avec Trapiello, ce n’est pas à proprement parler la suite du chef-d’œuvre de Cervantes mais plutôt un récit complémentaire. En effet, dans ce récit aussi vif que débordant d’humour, on croise la gouvernante de don Quichotte, le curé don Pedro, le bachelier Samson Carrasco et aussi Sancho Panza et sa nièce Antonia. Tous ont entre les mains le livre de Cervantes, en prennent connaissance, découvrent de nouvelles aventures et se mettent en tête de réhabiliter celui qui fut leur maître. « A la mort de don Quichotte », c’est aussi une magnifique oraison funèbre…

A la mort de don Quichotte
Auteur : Andrés Trapiello
Editions : La Petite Vermillon / La Table Ronde
Parution : 5 septembre 2019
Prix : 8,90 €

Dans les poches : Jonathan Littell, Joyce Carol Oates, Philippe Torreton et Aiden Truhen

  • Écrit par Serge Bressan
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littelPar Serge Bressan - Lagrandeparade.fr / Dans les poches de Serge Bressan...

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Dans les poches : Anders Fager, Alain René Lesage, Primo Levi et FM Santucci

  • Écrit par Serge Bressan
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FagerPar Serge Bressan - Lagrandeparade.fr / Dans les poches de Serge Bressan.... Lire la suite...


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