Blatta : une plongée dans un futur dystopique très sombre, un travail graphique remarquable !
- Écrit par : Sylvie Gagnère
Par Sylvie Gagnère - Lagrandeparade.com/ L'humanité a vaincu la mort, mais à quel prix ? Face à la surpopulation, la procréation est prohibée. Les gens subsistent, meurent, sont transférés dans un nouveau corps cloné et recommencent. Pour éviter toute tentation, chacun vit isolé des autres, enfermé dans une petite cellule, privé de toute liberté. L’existence humaine se réduit à des résurrections productivistes. Un jour, une défaillance survient.
C’est un personnage masqué qui nous raconte son quotidien dans ce futur dystopique, en une fresque morbide et oppressante. L’auteur s’interroge sur la quête insensée d’une vie éternelle et le prix à payer pour ce faire. Il nous entraîne dans les profondeurs les plus noires de la nature humaine, avec une histoire glauque et déprimante. Les références à Kafka – avec le cafard – accentuent le côté absurde et offrent une sorte de plongée dans un néant grotesque et désespérant/désespéré.
Le récit est lent, angoissant, comme si aucune porte de sortie ne pouvait exister pour cette humanité. Même le bonheur est finalement sombre et accablant. Le personnage est sans émotion réelle, quasi sans âme, en tout cas sans espoir... Peu de mots ou de dialogues, ce sont des affects, des sensations qui nous sont ici balancées, sans échappatoires possibles.
Les illustrations, toutes en un noir et blanc somptueux, sont remarquables. Les jeux de lumière et les cadrages soignés accentuent la plongée dans ce monde en ruines. Si le scénario peut rester un peu obscur aux personnes qui n’ont pas l’habitude de ce type de récit, le travail graphique de Ponticelli emporte l’adhésion.
Blatta
Scénariste/Dessinateur/Coloriste : Alberto Ponticelli
Éditions : BLISS
Parution : 6 février 2026
Prix : 25 €






