Par Guillaume Chérel - Lagrandeparade.fr/ C’est la bonne surprise de cette fin d’année. Ceux qui connaissent « La Clique », spectacle de cirque improbable, auront une petite idée de ce qui les attend. En moins trash. « Les Inclassables » est un spectacle… inclassable, car non résumable, impossible à étiqueter. Pour tout public, avec au programme de l’humour, de l’émotion, du rêve… de l’émerveillement. « Les Inclassables » réunissent quasiment tous les genres du spectacle vivant : comédie, mime, danse, musique, cirque: « Nous sommes à l’ère des croisements, des mélanges, assure Eric Bouvron, le Monsieur Loyal à l’accent sud-africain ( ?!). On ne peut pas classer un musicien qui jongle tout en faisant rire en imitant un éléphant qui danse sur des patins à roulettes sur la banquise. Donc on dit c’est un inclassable. ».
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Par Delphine Caudal - Lagrandeparade.com/ Envie d’un one-woman-show musical déjanté ? C’est la proposition d’Hinde Daoui, cet été, au festival d’Avignon. Au théâtre Marelle des Teinturiers, tous les jours à 14h30 (sauf jours de relâche), l’artiste promet un spectacle intelligent, touchant, certainement autant que ses réponses à notre sollicitations écrite.
Pour patienter, voici les questions auxquelles la comédienne a pris soin de répondre, rendant le rendez-vous avec elle, incontournable.
Le nom du spectacle est : "Fille unique". Pour quelle raison ce sujet vous a-t-il paru si riche pour en faire une pièce de théâtre ?
J’ai choisi d’appeler ce spectacle Fille Unique parce que ce terme ouvre énormément de portes narratives et émotionnelles. L’expression “fille unique” arrive presque toujours avec tout un imaginaire de clichés : la petite princesse surprotégée, l’enfant seule dans sa chambre, celle à qui on a tout donné… ou à l’inverse celle qui manque de repères collectifs. Cette dualité entre unicité et solitude est devenue le fil rouge du spectacle. Tout au long du one girl show, j’explore une question très simple en apparence, mais finalement assez universelle : “Peut-on se sentir unique sans se sentir seul ?”
Ce qui m’intéressait aussi, c’était de jouer avec le mot fille appliqué au monde adulte. On parle encore parfois de “vieille fille” pour désigner une femme célibataire et sans enfant, comme s’il fallait absolument être choisie, validée ou définie par un homme pour devenir enfin une “vraie” femme. Je trouve cette vision très datée… et surtout assez violente. À travers l’humour, le spectacle questionne donc aussi les clichés qui entourent les femmes qui ne rentrent pas dans le fameux “bingo” de la réussite sociale : le couple, les enfants, la stabilité parfaite, la vie bien rangée. Et surtout, il essaie de montrer qu’on peut être différente, atypique, parfois un peu à côté… sans forcément être malheureuse ou exclue.
Dans quelles circonstances écrivez-vous (lieu, moment, habitudes...?) Avez-vous eu des difficultés/facilités particulières à écrire cette pièce ?
J’écris le plus souvent chez moi, à ma table de travail… ou sur ma table de jardin quand il fait beau. Comme beaucoup de processus créatifs, mon écriture fonctionne par vagues. Il y a des périodes très inspirées, où les idées s’enchaînent presque toutes seules, et d’autres où je peux rester devant mon ordinateur pendant des heures sans réussir à sortir une ligne. Pour cette nouvelle version de Fille Unique, j’ai eu la chance d’être accompagnée par une coach artistique qui m’a aidée à creuser le fameux fil rouge du spectacle et à structurer mes idées autour d’axes très clairs. Ce travail m’a permis d’aller beaucoup plus loin dans les thèmes abordés et de faire émerger des réflexions auxquelles je n’avais pas pensé dans la première version. Aujourd’hui, l’un des compliments qui me touche le plus, c’est quand des spectateurs me parlent de la qualité d’écriture du spectacle ou de sa progression dramatique. Cela peut parfois contraster avec certains spectacles d’humour où les sujets s’enchaînent sans véritable lien. De mon côté, j’ai besoin d’un thème fort, d’un vrai fil narratif et d’une évolution émotionnelle. C’est d’ailleurs ce que j’aime moi-même retrouver quand je vais voir un spectacle. Après, comme dans toute création vivante, j’ai toujours envie de réécrire une phrase, une scène ou une transition pour la rendre plus efficace. C’est sans doute la difficulté quand on est à la fois autrice et comédienne de son propre spectacle. À un moment, il faut savoir dire “merci” à l’autrice… et laisser la comédienne prendre le relais. Parce qu’un texte ne peut vraiment prendre toute son ampleur que lorsqu’on accepte enfin de le faire vivre sur scène. Et ça, paradoxalement, c’est probablement la chose la plus difficile à accepter.
Finalement, aujourd'hui, quel est votre regard sur la solitude de l'enfant sans fratrie ?
Mon regard est assez multiple sur la question. D’un côté, j’ai beaucoup d’empathie pour l’enfant sans fratrie, notamment face à certaines responsabilités qui arrivent plus tard : devoir gérer seul.e ses parents vieillissants, porter parfois une forme de pression liée au fait d’être “l’exemplaire unique”, ou avoir le sentiment qu’il faut absolument réussir. Mais à l’inverse, je vois aussi énormément de richesse dans cette situation. Être enfant unique peut pousser à développer très tôt son imaginaire, son autonomie et sa créativité. Quand on grandit seul, on apprend souvent à inventer des mondes, à observer les adultes, à créer ses propres personnages… et dans mon cas, ça a clairement nourri mon goût pour la scène et l’humour. Et puis je pense surtout qu’on peut avoir une famille de cœur aussi forte qu’une famille de sang. Ne pas avoir de frère ou de sœur biologiques ne veut pas dire qu’on ne peut pas construire des liens fraternels extrêmement puissants à travers l’amitié. Personnellement, j’ai une amie d’enfance que je considère comme ma sœur. Et parfois je plaisante en disant que j’ai eu de la chance : c’est une sœur que j’ai choisie, et pas subie ! Quand je vois d’ailleurs le nombre de personnes qui entretiennent des relations compliquées avec leur fratrie, je me dis qu’au fond, il n’existe pas vraiment de modèle familial parfait. Chaque configuration apporte ses forces, ses fragilités… et beaucoup de matière à raconter sur scène.
Quelle idée souhaiteriez-vous faire naître/alimenter dans l'esprit de vos spectateurs au sujet du théâtre ?
Je trouve que le théâtre est un lieu profondément magique. Pendant une heure ou deux, le temps se suspend. Des inconnus s’assoient côte à côte, rient ensemble, ressentent ensemble… et repartent souvent un peu moins étrangers les uns aux autres. À une époque où tout est consommé très vite, souvent seul derrière un écran, je crois profondément à la puissance du spectacle vivant. Rien ne remplace l’intensité d’une expérience live : l’énergie d’une salle, un silence qui s’installe, un fou rire collectif, une émotion imprévue, un moment d’improvisation qui n’existera plus jamais de la même manière.
Le théâtre, c’est justement le lieu de tous les possibles. Un endroit où quelque chose d’unique peut se produire entre un artiste et un public. Et je pense que nous avons de plus en plus besoin de ces moments-là : des moments réels, humains, imparfaits parfois… mais profondément vivants. Si mes spectateurs repartent avec l’envie de revenir au théâtre, de rire ensemble, de ressentir ensemble, alors j’ai déjà l’impression d’avoir réussi quelque chose.
Fille unique
Spectacle sélectionné au festival d'humour de Beaune 2024, Tournon et Mauves de Rire 2025 ainsi qu’aux Feux de l'Humour 2026.Il fut également Coup de cœur du jury du Tremplin Gleeden Talent Show 2025.
Auteure/ interprète : Hinde Daoui
Mise en scène : Delphine Grand
Durée : 1h10
Dates et lieux des représentations:
- Du 4 au 25 juillet 2026 ( relâche les 7, 8, 15, 22 juillet) au Théâtre Marelle des Teinturiers à 14h30
Par Romain Rougé - Lagrandeparade.com/ Le duo Nathalie Garraud - Olivier Saccomano se paye le néolibéralisme avec cette pièce aussi savoureuse qu’exténuante, qui zoome sur notre techno-monde et les mécanismes du pouvoir.
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Par Delphine Caudal - Lagrandeparade.com/ Après le festival de clown début mai 2026, le théâtre des Beaux-Arts Tabards propose une série de pièces d’un autre genre, mettant en avant les jeunes talents. L’occasion de découvrir de nouvelles créations, permettant originalité et expérimentations artistiques. Les 21 et 22 mai 2026, « Camille ! » et « Nos premiers pas » prendront place sur scène, respectivement à 19h et à 21h. Suivront « Exit » et « Ursa Major », les 23 et 24 mai.
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Par Xavier Paquet - Lagrandeparade.com/ Quand une partie de l’équipe qui avait brillamment mis en musique « les Faux british » remet le couvert, on piaffe d’impatience. On attend autant de loufoquerie, d’inventivité dans le comique permanent et d’humour tant léché que cocasse.
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Par Christian Kazandjian - Lagrandeparade.com/ Témoignage, des ténèbres à la lumière, d’une vie confrontée à la violence, le sexe, la drogue, avec le rock, le punk, la dérision et le rire comme exutoire.
Par Delphine Caudal - Lagrandeparade.com/ A l’occasion du festival P.I.F « Plume Impro Festival », qui aura lieu du 28 mai au 31 mai 2026, au théâtre de La Plume de Montpellier, Kevin Le Guillou présente son spectacle « C’est quoi ça », un duo d’improvisation avec Maëlle Arsant, accompagné de quelques musiciens.
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Par Delphine Caudal - Lagrandeparade.com/ C’est un spectacle poignant et instructif qui prend place au théâtre des Beaux-Arts Tabard (Montpellier). Gilbert Ponté, comédien, metteur en scène, et directeur artistique de La Birba a présenté son seul en scène « Si c’est un homme », de Primo Levi. Celui qui se définit comme un « comédien conteur », vouant un intérêt particulier à la transmission des mémoires, donne la parole à ce symbole de la lutte contre le fascisme et l’antisémitisme.
Dans une sobriété et une justesse émouvante, Gilbert Ponté, dans la peau de Primo Levi, raconte son année de détention dans le camp d’Auschwitz. Aucun pathos, aucune exubérance, pas une lamentation, juste un témoignage bouleversant du quotidien dans le lager(camp) allemand. Entre la promiscuité des dortoirs, les camarades morts de froid ou de faim, les humiliations, les "sélections », les pendaisons arbitraires, le récit est ponctué de détails que tous devraient connaître. Pour que « cela ne se reproduise jamais ».
L’artiste manie les langues allemande et italienne avec aisance, et offre un récit d’une dignité saisissante. On ressent avec lui l’épuisement, la peur, la douleur, étudiant ensemble la question : que reste-t-il de l’humain lorsqu’on lui retire tout ce qui le définit ? Bijoux, vêtements, nom, cheveux… On assiste à la démolition de l’identité, mais aussi à l’instinct de survie de quelques hommes mettant en place des gestes, afin de maintenir une once d’humanité dans l’horreur des camps.
Cette interprétation fait incontestablement partie des expériences théâtrales qu’on ne peut oublier. Un témoignage indispensable dans un monde où l’on a tendance à ignorer les conséquences d’une guerre entre patries, au nom d’une idéologie, d’une quête de pouvoir ou d’une religion.
Par Delphine Caudal - Lagrandeparade.com/ C’est une comédie portée sur l’histoire du vin qui prendra place les 8, 9 et 10 Mai 2026 au théâtre des Beaux-Arts Tabards. Durant un peu plus d’une heure, on nous promet de multiples personnages, tels que César, Dom Pérignon ou encore Marie Antoinette, dans une ambiance légère et enjouée. De quoi égayer nos sens et savourer bon nombre d’anecdotes historiques!
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Par Delphine Caudal - Lagrandeparade.com/ Du mercredi 29 avril au samedi 2 mai 2026, la compagnie Zerafa présente son spectacle Pina Sola à l’occasion du festival de Clown au théâtre des Beaux-Arts Tabards (Montpellier) les matinées à 10h30. Dans un format accessible dès l’âge de 3 ans, Véronique Varin présente son clown Pina, promettant un délicieux moment de rire et de poésie.
Lire la suite : Pina Sola et Véronique Varin: "On ne peut pas tricher avec son clown. "
Par Delphine Caudal - Lagrandeparade.com/ « Moi, je ne sais même pas ce que ça mange une plante (…) Mais comment boivent-elles ? Elles n’ont pas de bouche. (…) Et la nuit, elles respirent ?! »
Par Delphine Caudal - Lagrandeparade.com/ Au Théâtre de La Chocolaterie s’est jouée pendant la première semaine des vacances de printemps une pièce captivante pour enfants (dès 4 ans), mêlant humour et imaginaire. Le tout dans une mise en scène riche et soignée de Lise-Delhia Chemsseddoha. Vous pourrez retrouver ce royaume fictif prochainement au Théâtre de la Plume (Montpellier).
Par Christian Kazandjian - Lagrandeparade.com/ "Nage libre" embrasse, entre humour et profondeur, le destin de trois championnes de natation autrichiennes juives, contraintes à l’exil en 1936, de retour à Vienne 59 ans plus tard.
Par Julie cadilhac - Lagrandeparade.com/ Au pilotage de "Dark Circus", Jean-Baptiste Maillet et Romain Bermond qui, en direct, mêlent dessin, musique et marionnettes pour créer sous nos yeux un film vivant. Nous pénétrons dans une ville en boir et blanc où se dresse un chapiteau dand laquelle entrent les habitants curieux...Ce n'est cependant pas un cirque comme les autres...
On a questionné les deux démiurges pour vous en dire un peu plus....
Le cirque, on le fait rimer avec allégresse d'habitude...au Dark Circus, ça rime avec tristesse... vraiment?
Dark Circus est un conte. Un conte où la poésie et l’humour noir se mélangent. Pour nous le cirque, ce n’est pas forcément l’allégresse, on y vient aussi pour voir de la prise de risque, du danger, de la performance. Dans le Dark Circus, les numéros tournent mal mais un phénomène magique va se produire faisant revenir la couleur et la joie.
Comment est née la rencontre entre Pef et Stereoptik? Quelle a été la genèse de ce projet commun?
La rencontre avec Pef s’est faite de manière inattendue avec Jean-Baptiste MAILLET sur la place d’un petit village de Normandie. Cette rencontre s’est transformée en amitié et en désir de travailler ensemble. Six ans plus tard, il nous a écrit un synopsis d’une page avec l’histoire de Dark Circus et nous a laissé une totale liberté d’interprétation. Après deux ans et demi de travail, il est venu à la première du spectacle à Avignon. Nos univers respectifs se sont rencontrés et nous étions tous très heureux de cette création.
Ici pas d'acrobates, de jongleurs, de dresseurs de lions...le chapiteau aux étoiles naît grâce au dessin et à la musique, c'est bien ça? Les prouesses seront donc faites de traits et de portées....?
Comme dans tous nos spectacles, Dark Circus est créé en direct sur scène à partir de dessin, de peinture, de marionnettes que nous filmons et qui sont projetés sur un écran de cinéma. La musique est aussi jouée en live ou parfois préenregistrée. Pour réaliser les numéros de cirque, nous utilisons une grande variété de techniques : dessin au fusain, encre de chine, marionnettes manipulées dans un aquarium, dessin au sable… L’image est étroitement liée à la musique. Cette performance nous demande une grande précision d’interprétation.
Et les marionnettes dans tout ça? Qui les manipule(nt)? Quel(s) rôle(s) ont-elles?
Nous manipulons tous les deux les marionnettes. D’un côté de l’écran, il y a une table à dessin sur laquelle sont réalisés les dessins en live et où nous manipulons les personnages de l’histoire qui sont des silhouettes découpées sur du carton. De l’autre côté de l’écran, il y a un poste musique où nous manipulons aussi des marionnettes. Ces personnages sont les acteurs de ce spectacle. Ils prennent vie lorsque nous les manipulons de numéros en numéros.
Quelle(s) réaction(s) des spectateurs après l'immersion dans cette ville en noir et blanc? Quelle(s) qualité(s) donnent-ils à ce travail? Et vous, si vous deviez jouer les Monsieur Loyal, comment inviteriez-vous les spectateurs à s'aventurer autour de la piste?
Nous avons eu la chance de jouer ce spectacle plus de 500 fois en France comme à l’étranger (New York, Hong Kong, Zurich, Tokyo, Melbourne, Pékin, Londres, Rome…). Les réactions du public sont assez similaires et enthousiastes, par-delà les âges et les cultures. La poésie, le dessin, la musique sont des langages universels. Le fait de voir sur scène la façon dont nous créons des images spectaculaires avec pas grand-chose tisse une intimité entre nous et les spectateurs.
Le slogan du monsieur Loyal est « Venez nombreux, devenez malheureux » mais comme il va perdre le contrôle de son sinistre spectacle, les spectateurs vont repartir avec le sourire. Ce n’était pas ce qu’il avait imaginé mais c’est bien ce qu’il va se passer.
DARK CIRCUS
De : STEREOPTIK
Création et interprétation : Romain Bermond et Jean-Baptiste Maillet
D’après une histoire originale de Pef
Regard extérieur : Frédéric Maurin
Crédits-photos : ©JM_BESENVAL et @Christophe Raynaud de Lage
Dates et lieux des représentations:
- Les 9 et 10 mai 2026 à 14h et 17h au Théâtre Jean-Claude Carrière dans le cadre du Festival SAPERLIPOPETTE - Cliquez ici!
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