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Un bon bouquin, ça ne périme pas! Et après, ça passe en poche et c'est encore mieux parce qu'on peut l'emporter partout! 

bruckPar Serge Bressan - Lagrandeparade.com/ Trois suggestions de lecture pour une semaine : d’abord, un livre aussi étourdissant qu’éblouissant de la miraculée de la vie qu’est Edith Bruk ; ensuite, un texte d’élégance et d’intelligence pour entretenir la nostalgie avec Alfred Eibel ; enfin, l’hommage de Maaza Mengiste à des femmes puissantes dans l’Ethiopie occupée par l’armée italienne fasciste… Bonne lecture !

Lire la suite : Une semaine de lecture avec Edith Bruck, Alfred Eibel et Maaza Mengiste

benzinePar Serge Bressan - Lagrandeparade.fr / C’est la rentrée ! Au programme et sur les rayons des librairies, d’ici la fin janvier, pas moins de 545 romans et récits (plus qu’en août-septembre dernier !). Une rentrée écrasée par l’événement, à savoir le huitième et nouveau roman de Michel Houellebecq. Mais, en toute subjectivité, lagrandeparade en a sélectionné neuf autres qui sauront trouver leur place… Bonne lecture à toutes et tous !

« Voyage au bout de l’enfance » de Rachid Benzine

Un livre choc. Tout juste 80 pages pour une violence immense- physique, psychologique, émotionnelle. Enseignant et chercheur, Rachid Benzine nous glisse « Voyage au bout de l’enfance » et nous invite à cheminer avec Fabien, gamin heureux qui vit à Sarcelles, banlieue parisienne. Il a ses potes, apprécie la poésie et son prof de l’école Jacques-Prévert, est fou de foot et vénère Kylian Mbappé et Didier Deschamps. Un jour, avec ses parents qui ont voulu rejoindre Daech, il se retrouve en Syrie. Début du cauchemar, de l’horreur de l’Etat islamique. Sous les bombes de Baghouz, le père y laissera sa vie ; avec sa mère, le gamin arrive dans un camp de réfugiés. Evoquant ce « Voyage… », Rachid Benzine parle d’un « texte pour imaginer ce que nous dirait l’un de ces enfants sacrifiés, dont les mots ont été volés. Ou tus à jamais ». Un livre empli d’une bouleversante humanité.

 

« Voyage au bout de l’enfance »
Auteur : Rachid Benzine
Editions : Seuil

 

arche« Une arche de lumière » de Dermot Bolger

Début du voyage en Irlande. En 1949, Eva Goold Verschoyle se marie et devient Eva Fitzgerald. Vite, elle étouffe dans cette vie domestique et quitte le domicile conjugal dans le domaine du Mayo. Début d’une odyssée racontée par Dermot Bolger, un des plus brillants écrivains irlandais de sa génération- avec « L’arche de lumière », il signe là son treizième roman. Un roman au long cours avec une femme qui opte pour la radicalité, partant au hasard du monde pour vire son droit au bonheur- sa famille parlera d’une vie de bohême parce qu’Eva est partie de Dublin pour rejoindre le Kenya et faire des escales en Espagne et au Maroc. Toutefois, cette vie ne lui fera jamais rompre les liens avec ses enfants qu’elle veut protéger, son fils homosexuel et sa fille aspirant à la même vie qu’elle. Et puis, il y aura cette arche de lumière… et Eva devint une héroïne merveilleusement romanesque.

« Une arche de lumière »
Auteur : Dermot Bolger
Editions : Joëlle Losfeld

 

 

bornikov« Purgatoire » de Dmitri Bortnikov

Apprécié pour « Le Syndrome de Fritz » (2012) ou encore « L’Agneau des neiges » (2021), Dmitri Bortnikov est de retour en librairies avec « Purgatoire ». Un texte, le troisième et dernier, écrit en russe par un auteur né en 1968 à Samara et installé depuis quelques années en France où il a décidé d’écrire en français. Il a plaisir à répéter : « Ce que je cherche et que nous cherchons tous, c’est l’inconsolable : quelque chose d’infini, qui existe au-delà des mots ». Une quête qui transpire, qui illumine « Purgatoire ». Au fil des pages et des trois parties du roman, le narrateur nous conte une enfance âpre et solitaire au sud-est de la Russie dans les années 1980. Le gamin que fut le narrateur grandit près de deux ensorceleuses complices : une grande sœur abusive et une mère distante. Fleuve de tous les envoûtements, la Volga n’est jamais très loin. Une fois encore, Bortnikov vogue entre rêve, noirceur et rire…

« Purgatoire »
Auteur : Dmitri Bortnikov
Editions : Noir sur Blanc

 

 

 

longuieuer« Les longueurs » de Claire Castillon

Un livre implacable. Une fois encore, et c’est signé Claire Castillon, présente dans le monde des livres depuis 2000 avec la parution de son premier roman, « Le Grenier ». On la retrouve avec « Les longueurs », publié chez Gallimard Jeunesse. Après l’avoir lu, la Dr Béatrice Gal (psychiatre à la Maison des adolescents à l’hôpital Cochin- Paris) évoque un livre qui « devrait faire œuvre d’utilité publique »… Ainsi, après avoir traité des thèmes comme le harcèlement scolaire ou le locked in syndrome, l’auteure aborde cette fois la pédophilie. Avec l’élégance et la retenue qu’on lui connaît pour ses romans « adulte ». Après le départ de son père en Amérique, Alice, 8 ans, vit avec sa mère- une vie qui lui plaît. Tout comme l’escalade qu’elle pratique avec Mondjo, le professeur de 40 ans. Il lui plait, elle l’aime. Un jour de vacances et de bain de mer, il abuse de la petite fille. La mère ne s’est rendu compte de rien…

« Les longueurs »
Auteure : Claire Castillon
Editions : Gallimard Jeunesse

 

 

bêtes« Le sang des bêtes » de Thomas Gunzig


Un récent Prix Goncourt évoque « fauve littéraire aux gestes féroces et déroutants ». Une romancière belge parle d’un roman « drôle, tendre, cruel et politique ». Un critique littéraire va même jusqu’à affirmer qu’on a là « un Magritte des lettres »… Tout ça pour Thomas Gunzig, romancier d’en Belgique, fil-de-fériste léger et inspiré, qui vient à nous avec « Le sang des bêtes ». Expert ès surréalisme et « nonsense », il imagine la vie de Tom- un vendeur dépressif dans une boutique de produits pour bodybuilders. Il vient de passer la cinquantaine, admis que la vie avec sa femme est devenue d’un banal… son fils qui a quitté sa copine et son père juif malade d’un cancer reviennent chez lui qui n’aspire qu’à la tranquillité et au repos. Et puis, dans la rue, il sauve une femme des mains d’une brute, il ramène chez lui, l’inconnue va changer sa vie : elle affirme être une vache…

« Le sang des bêtes »
Auteur : Thomas Gunzig
Editions : Au Diable Vauvert

 

 

levi« Auschwitz, ville tranquille » de Primo Levi

Dix textes et deux poèmes rassemblés pour la première fois… Dix textes et deux poèmes pour l’indispensable devoir de mémoire, pour écrire pour témoigner encore et encore. Ainsi, nous est offert « Auschwitz, ville tranquille », un recueil signé Primo Levi (1919- 1987). Jeune Italien de 25 ans qui deviendra docteur en chimie, il est envoyé en camps de concentration en Allemagne en 1944. Retour à la vie, il ne cessera d’écrire sur cette expérience concentrationnaire, il écrira en 1947 un texte essentiel sur le sujet, « Si c’est un homme », et cherchera à comprendre avant de mettre fin à ses jours. Témoin capital, dans les textes d’« Auschwitz, ville tranquille », l’auteur explore les différents moyens littéraires pour conter « l’inénarrable ». L’écriture est subtile, les mots sont nécessaires et rappellent combien Primo Levi a été un grand homme de vérité et de cœur…

« Auschwitz, ville tranquille »
Auteur : Primo Levi
Editions : Albin Michel

 

 

mathis« Langue morte » d’Hector Mathis

Pour décor, un immeuble. Et un homme qui se poste face à cet immeuble, on apprend que ce fut celui de son enfance. Un drôle de rêve, on arrive Place d’Alsace avec le narrateur, c’est l’ouverture de « Langue morte », le troisième et nouveau roman d’Hector Mathis, 28 ans, remarqué hier pour « K.O. » et « Carnaval ». La rêverie va mener le narrateur jusqu’à l’aube- celle d’une époque nouvelle. Auparavant, auront défilé les souvenirs- peut-être inventés car la mémoire qui est «  un singulier petit arrangement. Une béquille à vivre ». Défilent la famille avec les parents, le frangin, la grand-mère Mie Joss, l’oncle Horace, les amours, les copains, la banlieue, les voyages, la galerie marchande avec « des téléphones, des magazines… De la lingerie coquine et du burger. Ça sentait la javel et le shampoing »… « Langue morte », un enthousiasmant récit initiatique effectué à rebours.

« Langue morte »
Auteur : Hector Mathis
Editions : Buchet-Chastel

 



pouy« En attendant Dogo » de Jean-Bernard Pouy

Il a créé le Poulpe et est réputé pour ne pas se prendre au sérieux. Certains rappellent qu’il est adepte de l’Oulipo, cet Ouvroir de littérature potentielle, et d’autres assurent qu’il est un maître du roman noir littéraire. Mieux : en cette rentrée d’hiver, Jean-Bernard Pouy se pointe à nouveau dans La Noire, la série du polar. Et notre auteur se pointe avec « En attendant Dogo », une sacrée belle réussite. Du polar oui, mais du polar assaisonné à la sauce Pouy. Un régal. C’est tout simple, ça démarre comme un roman ordinaire, un roman de gare : une disparition, un peu d’essence et c’est parti avec Simone. Bon, on rembobine : Etienne est toujours en retard, c’est pour ça qu’on l’a surnommé Pogo. Mais cette fois, on l’attend depuis six mois. Panique de la famille. Services de recherche des disparus quasi inertes. Et voici Simone, la sœur de Pogo, qui se lance dans les recherches. Surchauffe en vue !

« En attendant Dogo »
Auteur : Jean-Bernard Pouy
Editions : La Noire / Gallimard

 

 

 

Actes sud « Bass Rock » d’Evie Wyld

Trois femmes, Sarah, Ruth, Viviane, un même destin pour « Bass Rock », une étourdissante saga écrite par Evie Wyld, romancière britannique de 41 ans. On l’avait remarquée dès 2013 pour son premier roman, Après le feu, un murmure doux et léger, puis en 2015 avec Tous les oiseaux du ciel. Avec « Bass Rock », elle emmène lectrices et lecteurs dans un texte à trois temps. D’abord, l’Ecosse superstitieuse du 18ème siècle avec Sarah- à 14 ans, elle est poursuivie pour sorcellerie et sauvée par le pasteur du village. Ensuite, au lendemain de la Deuxième Guerre mondiale, Ruth se marie avec un vétéran de la guerre père de deux enfants et ressent vite un étrange malaise dans la maison. Enfin, au 21ème siècle naissant, Londonienne à la quarantaine fatiguée, Viviane retourne dans la maison de vacances de son enfance, elle y trouve des biens de son ancêtre Ruth. Trois femmes, un même destin dicté par les hommes…

« Bass Rock »
Auteure : Evie Wyld
Editions : Actes Sud

« Une arche de lumière » Auteur : Dermot Bolger Editions : Joëlle Losfeld

top 21Par Serge Bressan - Lagrandeparade.fr / Avant la rentrée littéraire d’hiver programmée pour le 6 janvier 2022, il est encore temps de rappeler les temps forts de l’année qui tire à sa fin. Ainsi, lagrandeparade.com présente sa sélection (revendiquée totalement subjective !) des seize meilleurs romans et récits français et étrangers parus en 2021. Bonne lecture à toutes et tous !

« Le voyage dans l’Est » de Christine Angot

Romancière de l'autofiction, Christine Angot a signé « Le voyage dans l'Est » (prix Médicis 2021). Une nouvelle variation sur le drame de sa vie, ce drame qui a commencé alors qu'elle avait tout juste 13 ans. Drame de l'inceste que, là dans ce roman, l’auteure ausculte et décrypte avec ses yeux et ses mots d'adolescente puis de femme. Tout a commencé à Strasbourg, là où mère et fille retrouvent ce père qui, comme l’autorise la loi, doit reconnaître sa fille alors qu’il est parti peu après la naissance. L'adolescente tombe sous le charme paternel. Il va l'embrasser sur la bouche…

« Le voyage dans l’Est »
Auteure : Christine Angot
Editions : Flammarion

« Burning Boy » de Paul Auster

Pas moins de mille pages. Un pavé colossal, c’est « Burning Boy », le nouveau roman de Paul Auster. Sujet du livre : Stephen Crane (1871- 1900), tenu pour le « bad boy » de la littérature américaine du 20ème siècle, ami de Joseph Conrad et Henry James, auteur de six romans, de recueils de poésie et de nouvelles, journaliste de l’immersion terrassé à 28 ans par la tuberculose. Né à Newark (comme Auster !), il est considéré comme l'inventeur de la modernité littéraire nord-américaine. Paul Auster s'est tenu à distance de la biographie romancée, et offre une biographie de romancier…

« Burning Boy »
Auteur : Paul Auster
Editions : Actes Sud

« Cavalier noir » de Philippe Bordas

Un texte de grand lyrisme, écrit dans un français « à tronc fort et fines ramures ». Un roman qui, rédigé par un écorché vif nommé Philippe Bordas, vénère, caresse, câline la langue française. « Cavalier noir », c’est une histoire toute simple sur l’exil amoureux. Pour bagages son vélo et ses écrits, un matin, le narrateur monte dans le train à Paris, traverse des brumes, des forêts et des paysages fantômés par les romantiques allemands, et arrive à Heidelberg où, dans un chalet perché, il retrouve Mylena, jeune femme aussi solaire que musicale. Le roman de l'élégance ultime.

« Cavalier noir »
Auteur : Philippe Bordas
Editions : Gallimard

« Histoires de couples » de T.C. Boyle

Avec « Histoires de couples », T.C. Boyle offre sept nouvelles pour évoquer l’Amérique délirante. A 73 ans, il demeure le plus rock des écrivains américains. Son écriture est éternellement diablement agile- ainsi, il peut raconter le réchauffement de la planète, les bébés éprouvettes ou encore les «progrès » de l'informatique. A toutes les pages, ça cingle, ne milite jamais. T.C. Boyle n’a pas son pareil pour évoquer les dingues et les paumés. C’est délicieusement futuriste et écologiste, délicatement tragique et mélancolique. Et surtout, ultramoderne…

« Histoires de couples »
Auteur : T.C. Boyle
Editions : Grasset

« Notre part de nuit » de Mariana Enriquez

Troisième roman mais premier traduit en français de l'écrivaine argentine Mariana Enríquez, « Notre part de nuit » est un gros pavé bien dense (près de 800 pages!)… Bien plus qu'un phénomène, c'est un livre immense. Une sorte de «road book», comme il existe des «road movies». On file dans les pas d'un père et de son fils. Ils vont traverser l'Argentine par la route. Peut-être sont-ils en fuite… mais où vont-ils? Sait-on seulement si les deux veulent échapper à quelque chose, à quelqu'un? Le petit garçon se prénomme Gaspar, sa mère a disparu dans des circonstances qu'on dira étranges. Il a un don, le même que son père, et son destin est déjà tracé : plus tard, il sera médium pour le compte d'une mystérieuse société secrète qui entre en contact avec les Ténèbres pour percer les mystères de la vie éternelle. Avec Gaspar et son père, c'est le grand voyage. Sur la route, dans l'histoire aussi. Et même dans les forces occultes des ténèbres du côté de Silvina Ocampo et Stephen King.

« Notre part de nuit »
Auteure : Mariana Enriquez
Editions du Sous-Sol

« Une éclipse » de Raphaël Haroche

On prend le dernier ferry pour le paradis, avec des femmes, qui peuvent se prénommer Claire, des chiens aussi, que l'on appellera Bowie… On est pris dans un tourbillon à douze temps, un voyage en douze étapes. Une lecture de douze nouvelles regroupées sous un titre simple, « Une éclipse ». Le deuxième livre de Raphaël Haroche, après « Retourner à la mer », prix Goncourt de la nouvelle 2017. Fiction? Autofiction? Allez savoir… Qu'importe, tout au long des pages, Raphaël Haroche est, en creux, présent. En boxeur superwelter, en voyageur du monde en caravane, en funambule au cirque !

« Une éclipse »
Auteur : Raphaël Haroche
Editions : Gallimard

« Le dernier bain de Gustave Flaubert » de Régis Jauffret

Même pas peur, Régis Jauffret. Pour cet auteur en piste dans le monde des lettres depuis trente-cinq ans, il ne craint rien ni personne. Il peut même, comme dans « Le dernier bain de Gustave Flaubert », s'approcher d'un monument de la littérature mondiale, l'admirer dans sa baignoire et lui balancer une de ses héroïnes qui va lui faire mille et mille pires reproches. En cette année de bicentenaire de la naissance de l’auteur de « Madame Bovary », Jauffret signe un texte en forme de roman biographique sans être une biographie- en quelque sorte, une « biographie idéale » !

« Le dernier bain de Gustave Flaubert »
Auteur : Régis Jauffret
Editions : Seuil

« C'était génial de vivre » de Marceline Loridan-Ivens

Avec la complicité du réalisateur David Teboul et l'avocate Isabelle Wekstein-Steg, le dernier texte de Marceline Loridan-Ivens, au titre réjouissant : « C'était génial de vivre ». Survivante d'Auschwitz, «sœur de déportation» de Simone Veil, elle s'est longuement racontée, confiant entre autres qu'elle ne supportait ni la plainte ni les regrets ni la culpabilité. Peu après, le 18 septembre 2018, à 90 ans, elle s'en allait. Dans ce recueil aussi brut que bouleversant, on devine le rire de Marceline Loridan-Ivens. Au fil des pages pétillantes de quelques bonheurs et d'un immense malheur, on entend sa voix- dans ses éclats de vie, elle rappelle : « J’étais juive, j’étais d’origine polonaise et, en plus, rousse et gauchère ». Elle peste aussi contre sa petite taille, confie que son nom de naissance veut dire «montagne de roses», raconte tout. Sa vie, sa famille, son père. Son arrestation, la déportation à Auschwitz. Les engagements politiques. Et surtout, l'amour…

« C'était génial de vivre »
Auteure : Marceline Loridan-Ivens
Editions : Les Arènes

« Le droit d’emmerder Dieu » de Richard Malka

Il est un des avocats vedettes en France. A 53 ans, également romancier, scénariste de BD et spécialiste des affaires de presse et de liberté d’expression, Richard Malka s’est glissé en cette mi-2021 dans les librairies avec Le droit d’emmerder Dieu. Un texte pas banal puisque c’est, en son intégralité, la plaidoirie qu’il a prononcée le 4 décembre 2020 devant la cour d’assises spéciale à Paris, lors du « procès Charlie » consécutif aux attentats de Charlie Hebdo et de l’Hyper Cacher en janvier 2015- il y représentait Charlie Hebdo en tant que personne morale. Un an après, la plaidoirie demeure d’une brillance rare, d’une évidence absolue. Les mots cognent, vibrent, prennent au plus profond de celle ou celui qui écoute, qui lit… Les pages transpirent des principes auxquels Richard Malka tient par-dessus tout : la liberté d'expression, la laïcité… et aussi le droit au blasphème. Ce droit qu’il résume en une formule-choc : « le droit d’emmerder Dieu ».

« Le droit d’emmerder Dieu »
Auteur : Richard Malka
Editions : Grasset

« La plus secrète mémoire des hommes » de Mohamed Mbougar Sarr

Rien moins qu’une déclaration d’amour à la littérature que La plus secrète mémoire des hommes, quatrième livre du Sénégalais d’expression française Mohamed Mbougard Sarr. Un livre récompensé par le prix Goncourt, un texte aux allures de biographie romancée et de variation sur une légende littéraire, même réinventée. L’enquête d’un jeune écrivain sénégalais qui, en 2018 à Paris, découvre un livre mythique paru en 1938 mais qui, quelque temps plus tard, fut éclaboussé par le scandale : l’auteur, accusé de plagiat, se révéla bien meilleur que ceux qu’il a plagiés…

« La plus secrète mémoire des hommes »
Auteur : Mohamed Mbougar Sarr
Editions : Philippe Rey

« Chevreuse » de Patrick Modiano

Dans l'œuvre de Patrick Modiano- prix Nobel de littérature 2014, « Chevreuse » est un motif. Mieux : une promenade en rues obscures, en Chevreuse, à Auteuil, Pigalle et Montmartre. Dans ce nouvel et trentième roman, l’auteur décrypte le bonheur du souvenir, même flou, surtout flou, et du détail d'une précision extrême. Ainsi, lectrices et lecteurs se retrouvent dans les pas de Jean Bosmans, déjà vu et lu dans « Ephéméride » (2002) ou « L'Horizon » (2010). Ce personnage (très certainement le double de l'auteur), on le suit sur trois niveaux de temporalité- aujourd'hui, hier et le temps de l'enfance- pour une variation sur des thèmes forcément « modianesques » : l'enfance, les artistes de l'ancien temps, les personnages mystérieux, les objets, les rues et les maisons fréquentées hier, voire avant-hier. Ainsi, chez Jean Bosmans, les souvenirs rejaillissent de la mémoire par hasard, peuplés de drôles de gens, des «types peu recommandables», d’une faune d'interlopes côtoyée dans les années 1960.

« Chevreuse »
Auteur : Patrick Modiano
Editions : Gallimard

« Poussière dans le vent » de Leonardo Padura

Le grand roman de la perte, de l'exil et de la dispersion, c’est « Poussière dans le vent » de Leonardo Padura, essayiste, journaliste, scénariste et romancier cubain. Ça commence avec une photo pour elle qui arrive de New York et lui qui vient de Cuba. Ils ont 20 ans, ils s'aiment, il lui montre donc une photo de groupe. La jeune femme est intriguée, elle se met en quête de savoir qui sont ces jeunes gens. Ils étaient huit amis, très liés depuis la fin des études au lycée. Certains ont disparu, d'autres sont restés au pays. Un texte aussi brillant qu'universel.

« Poussière dans le vent »
Auteur : Leonardo Padura
Editions : Métailié

« En mer, pas de taxis » de Roberto Saviano

Il a raconté la camorra (la mafia napolitaine) en 2006 dans « Gomorra ». Cette année, Roberto Saviano est entré en guerre contre l’indifférence avec son nouveau livre, « En mer, pas de taxis ». Il affronte le sujet des migrants- et fait le constat (terrible) que tout le monde ne se sent pas concerné par le problème. Quand on lui pose la question : pourquoi un livre sur les migrants ?, le journaliste italien, 42 ans et toujours sous protection policière, rappelle qu’un leader politique en Italie avait baptisé «taxis de la mer» les navires des ONG humanitaires pour des opérations de sauvetage en Méditerranée, des ONG qu'il accusait de favoriser le phénomène migratoire… Au fil des pages d' « En mer, pas de taxis », en mots et photos, entre témoignages et récits, Roberto Saviano n'épargne aucun dirigeant, ceux d'Italie, de la droite de Matteo Salvini, ceux de la gauche, ceux de l'Union européenne. Et supplie que la Méditerranée ne devienne pas le plus grand cimetière humain au monde…

« En mer, pas de taxis »
Auteur : Roberto Saviano
Editions : Gallimard

« Connexion » de Kae Tempest

En 2020, à 34 ans, l'artiste aux trois albums au succès mondial faisait son «coming out» en tant que non binaire, révélant son nouveau prénom, Kae. L'une des figures mondiales de la «nouvelle poésie» dévoile « Connexion », un texte écrit l'an passé en confinement, tandis que le monde artistique était privé de scènes. Cette situation a amené Kae Tempest à réfléchir sur la créativité. Les réseaux sociaux sont un tableau sur lequel se mirent les ego, et un marécage où l'individu oublie qui il est. Le livre de l'urgence à la connexion, à nouveau, de la (re)naissance, pour que (re)vive la création.

« Connexion »
Auteure : Kae Tempest
Editions : L’Olivier

« Memorial Drive » de Natasha Trethewey

Ne jamais revenir à Atlanta. En quittant la capitale de l'État de Géorgie, Natasha Trehewey a emporté ce qu’elle avait « cultivé durant toutes ces années : l'évitement muet de mon passé… » Pour des raisons professionnelles, la jeune femme doit s'y rendre. Et elle raconte. C'est « Memorial Drive », le roman de l'Américaine Natasha Trethewey, enseignante, écrivaine et poétesse récompensée par un prix Pulitzer. Retour à Atlanta, la ville de Martin Luther King et aussi de ses parents, elle évite Memorial Drive, l'autoroute qu'empruntait sa mère Gwendolyn Ann Turnbough. D'un premier mariage interracial est née Natasha. Quand ses parents se séparent, la mère refait sa vie avec Joe, un «vétéran» du Vietnam qui, en 1985, la tue. Natasha a tout juste 19 ans… Dans ce roman étourdissant, se mêlent deux trajectoires : celle d'une femme noire mariée à un homme blanc à une époque où une telle situation était pour le moins mal acceptée, et celle d'une Amérique en proie à ses démons.

« Memorial Drive »
Auteure : Natasha Trethewey
Editions : L’Olivier

« Le Grand Rire des hommes assis au bord du monde » de Philipp Weiss

La folie extrême et ultime en près de 1 200 pages en cinq volumes réunis en un coffret sur lequel on lit : «roman». A 39 ans, l'Autrichien Philipp Weiss a signé rien moins qu’une œuvre gigantesque, « Le Grand Rire des hommes assis au bord du monde »- quatre romans et un manga (!). Fresque hallucinée pour plonger dans la virtualité qui n'est rien d'autre que l'externalisation de nos rêves et de nos cauchemars. Vertige garanti avec cinq récits, cinq histoires- indépendants et enchevêtrés. Tout simplement, un premier « roman » sur l'évolution de l'humanité. Colossal !

« Le Grand Rire des hommes assis au bord du monde »
Auteur : Philipp Weiss
Editions : Seuil

boylePar Serge Bressan - Lagrandeparade.fr / Trois suggestions de lecture pour une semaine : un livre de sept nouvelles signé par T.C. Boyle, le plus rock des écrivains américains contemporains ; un enthousiasmant premier roman féminin et féministe de Pauline Gonthier, et les mémoires de Georges Kiejman, l’un des plus grands avocats français. Bonne lecture !

Lire la suite : Une semaine de lecture avec T.C. Boyle, Pauline Gonthier et Georges Kiejman / Vanessa Schneider

authentiquePar Serge Bressan - Lagrandeparade.fr / Deux suggestions de lecture pour une semaine : un livre de textes inédits de Jim Harrison ; une enquête pour un polar en 1789 mené bon train par Henri Loevenbruk. Bonne lecture !

Lire la suite : Une semaine de lecture avec Jim Harrison et Henri Loevenbruck

seuilPar Serge Bressan - Lagrandeparade.fr / Trois suggestions de lecture pour une semaine : le troisième et dernier volet de la trilogie de J.M. Coetzee, prix Nobel de littérature 2003 ; la fantaisie de Jean-Louis Fournier qui fait parler les animaux, et aussi la réédition d’une nouvelle du grand Patrick Süskind, illustrée par le non moins grand Sempé. Bonne lecture !

Lire la suite : Une semaine de lecture avec J.M. Coetzee, Jean-Louis Fournier et Patrick Süskind

princePar Serge Bressan - Lagrandeparade.fr / Trois suggestions de lecture pour une semaine : le nouveau thriller de Michel Bussi qui enquête sur la mort mystérieuse du Petit Prince, le héros du livre-culte de Saint-Exupéry ; le roman de la Canadienne Miriam Toews qui évoque la vie et les rêves d’une jeune fille dans une communauté mennonite, et aussi le trentième et nouveau texte de Bernard Werber, hier roi des fourmis et ami des chats et aujourd’hui passionné par les abeilles. Bonne lecture !

Lire la suite : Une semaine de lecture avec Michel Bussi, Miriam Toews et Bernard Werber

camillaPar Serge Bressan - Lagrandeparade.fr / Trois suggestions de lecture pour une semaine : une « novella » toute en huis clos avec Camilla Läckberg, la « reine du polar scandinave » ; la réédition du Goncourt 1921 attribué, pour la première fois, à un écrivain noir- René Maran, et un voyages en questions-réponses dans la nature en montagnes et vallées avec Bernard Minier, un des maîtres du thriller contemporain. Bonne lecture !

Lire la suite : Une semaine de lecture avec Camilla Läckberg, René Maran et Bernard Minier

ma nuit Par Serge Bressan - Lagrandeparade.fr / Quatre suggestions de lecture pour une semaine. Une thématique : le père, mise en avant par Jakuta Alikavazovic qui passe une nuit au musée, Jean-Baptiste Del Amo qui raconte la transmission de la violence, Marc Dugain qui évoque l’histoire d’amour de ses parents et Amélie Nothomb qui a relevé le défi d’être, en mots, son père. Bonne lecture !

Lire la suite : Une semaine de lecture avec Jakuta Alikavazovic, Jean-Baptiste Del Amo, Marc Dugain et Amélie...

edouard louisPar Serge Bressan - Lagrandeparade.fr / Trois suggestions de lecture pour une semaine : les confessions d’un « transfuge de classe » avec le cinquième livre d’Edouard Louis, l’Amérique, la famille et la psychologie féminine avec Joyce Maynard et quinze bonnes nouvelles pour le premier recueil de l’actrice et réalisatrice italienne Laura Morante. Bonne lecture !

Lire la suite : Une semaine de lecture avec Edouard Louis, Joyce Maynard et Laura Morante

boltanskiPar Serge Bressan - Lagrandeparade.fr / Trois suggestions de lecture pour une semaine : le 3ème roman de Christophe Boltanski pour une non-fiction impeccable, le nouveau texte de Nina Bouraoui pour une histoire entre violence et mélancolie, et le premier roman aussi étincelant qu’éblouissant de Julie Ruocco. Bonne lecture !

Lire la suite : Une semaine de lecture avec Christophe Boltanski, Nina Bouraoui et Julie Ruocco

djianPar Serge Bressan - Lagrandeparade.fr / Quatre suggestions de lecture pour une semaine : le 32ème roman de Philippe Djian pour une tragi-comédie du meilleur effet, la déclaration d’amour de Jean-Claude Grumberg à sa femme disparue, le livre-monde avec la toujours pertinente Céline Minard et, surprise de cette rentrée littéraire d’été 2021, le premier roman du réalisateur américain Quentin Tarantino. Bonne lecture !

Lire la suite : Une semaine de lecture avec Philippe Djian, Jean-Claude Grumberg, Céline Minard et Quentin Tarantino

Angot Par Serge Bressan - Lagrandeparade.fr / En cette rentrée où paraissent pas moins de 521 romans d’ici la fin septembre, présentation de cinq romans français indispensables. Bonne lecture !

Lire la suite : C’est la rentrée avec… Christine Angot, Azouz Begag, Claire Castillon, David Diop et Corinne Royer

Ey le chenePar Serge Bressan - Lagrandeparade.fr / Trois suggestions de lecture pour une semaine : une amitié au féminin avec la romancière suédoise Sofia Lunberg, un impeccable thriller avec l’Anglaise Gilly Macmillan, et enfin, la saga d’une génération sur une vingtaine d’années par Dominique Simonnet. Bonne lecture !


SOFIA LUNBERG : Et le chêne est toujours là

Il y eut, en version française, un premier best-seller mondial- en 2018, « Un petit carnet rouge », un texte écrit après avoir trouvé dans les affaires de la grand-mère un tout aussi étrange que mystérieux carnet d’adresses. Puis l’année suivante, il y eut un autre best-seller, « Un point d’interrogation est un demi-cœur ». En cet été 2021, on retrouve la Suédoise Sofia Lundberg, hier journaliste, aujourd’hui romancière, avec un troisième roman au joli titre, « Et le chêne est toujours là ». Au cœur du roman, Esther. Elle a divorcé il y a peu, elle est abattue, anéantie, passe les week-ends sans son fils, dit : « J’ai lu quelque part qu’il est plus facile de traverser un deuil qu’une séparation. Cela peut paraître surprenant. Mais dans une séparation, il y a toujours un « et si » et un « mais ». Alors qu’un décès est définitif. Et qu’en général, ce n’est la faute de personne. Tandis qu’une séparation est comme un abcès plein de pus, qui ne guérirait jamais... » Comment se consoler ? Un week-end sur deux, Esther va se promener, près de chez elle il y a un banc près d’un chêne aussi magnifique que vieux, en bordure d’un lac. Un jour, une femme y est déjà assise- comme si elle attendait Esther. Elle se prénomme Ruth, elle est âgée et déborde d’optimisme sur la vie. A Esther, elle va raconter sa jeunesse- l’histoire est belle, entre les deux femmes naît une délicate amitié… Pourtant, l’histoire paraît trop belle à Esther, elle s’interroge, va tenter de percer les secrets que garde Ruth et va se retrouver jusque sur les bords du lac de Côme. Esther percera-t-elle le mystère, découvrira-t-elle le(s) secret(s) de Ruth ? Avec « Et le chêne est toujours là », Sofia Lunberg signe un beau roman sur la solitude tout en tendresse.

Et le chêne est toujours là
Auteure : Sofia Lunberg
Editions : Calmann-Lévy
402 pages
Prix : 20,90 €

 

noirGILLY MACMILLAN : Pour tout te dire

Il y a le jugement définitif du « New York Times » : « Un des meilleurs suspenses de l’année ». Et aussi celui du « Herald » : « Un thriller incroyable ». Voilà qui en impose… et que confirme la lecture de « Pour tout te dire », le nouvel et sixième roman (en VF) de Gilly Macmillan, romancière qui vit à Bristol (Angleterre) avec sa famille et qu’on avait remarquée avec « Ne pars pas sans moi » (2016),  « Les Meilleurs Amis du monde » (2018) ou encore « La Nanny » (2020). L’éditeur français nous met en curiosité quand il nous glisse : « Pour tout te dire… tout le monde », et nous emmène dans le sillage de Lucy Harper, une jeune romancière de polars cumulant les succès et dont le mari, Dan, lui aussi écrivain en panne de publication, gère la carrière et ses finances. Elle est en passe de boucler un roman, nouveau tome d’une série qui l’a faite riche et célèbre. Problème : au moment de mettre la touche finale à son livre, contre l’avis de l’éditeur, de son agent et de nombre de ses fans, la romancière envisage de changer d’héroïne… C’est à la même époque qu’elle va devoir affronter un drame : son mari qui « regardait de très près » une voisine a disparu après une dispute, il est retrouvé mort… Confidence de Lucy : « J’avais émergé de mon bureau pour découvrir non pas un paysage modifié, mais plutôt une vaste toile qu'on avait tissée autour de moi. J'étais aujourd'hui perdue au milieu, désorientée, dépassée, piégée ». Et l’on apprend qu’une autre disparition a marqué Lucy Harper lorsqu’elle était enfant- elle avait 9 ans, elle a emmené pour une escapade nocturne son petit frère Teddy qui a disparu… La disparition de Dan fait ressurgir le cauchemar de celle de Teddy. Lucy est-elle victime ? meurtrière ? paranoïaque ? Un roman empli de folie et de schizophrénie…

Pour tout te dire
Auteure : Gilly Macmillan
Editions : Les Escales
372 pages
Prix : 21,50 €

 

simonetDOMINIQUE SIMONNET : Le monde en général et nous en particulier

Tout commence par la fin. Un enterrement, c’est l’automne 1986. « Quelqu’un apporta l’urne. Ne pas se laisser aller. Rester digne. Ce matin, à l’église puis au crématorium (…) il avait supporté ces rituels stupides, (…). Il regarda s’envoler les flammèches qui, quelques heures auparavant, étaient encore un corps, une personne, une pensée... » Ouverture pour « Le monde en général et nous en particulier », le roman immense (près de 700 pages) de Dominique Simonnet. Un roman en cinq saisons et un épilogue, une saga vertigineuse qui court du dimanche du Pâques 1967 à l’automne 1986. Quasi vingt ans, une vie… Le roman d’une génération. Tout file, tout défile. Ils sont quatre : Bart en région lilloise (avec Patrick, Jean-Louis et Edouard, ils apprécient la même musique et rêvent de révolution), Patricia la Londonienne qui sauve les mouettes victimes d’une marée noire en Cornouailles, Simon à Jérusalem qui va rejoindre un kibboutz et Julia à San Francisco où elle se retrouve dans une manifestation pacifiste. Quatre qui vont vivre au rythme des battements du cœur du monde. Au fil des pages, résonnent des slogans qui ont fait vibrer, rêver tant et tant, tels « Cours camarade, le vieux monde est derrière toi ». Dans « Le monde en général et nous en particulier », roman d’une époque, roman de l’époque où nous étions « jeunes et larges d’épaules », dessinés par la belle écriture de Dominique Simonnet, défilent Martin Luther King, Jean-Paul Sartre et Simone de Beauvoir, Daniel Cohn-Bendit, Bernard Kouchner, Gisèle Halimi ou encore Valéry Giscard d’Estaing et François Mitterrand. C’était le temps où surgissaient le féminisme, l’écologie, le temps où la musique des Stones, du Pink Floyd, du Tangerine Dream, de Kraftwerk ou encore des New York Dolls ponctuait aussi le rythme du « monde en général et nous en particulier »…


Auteur : Dominique Simonnet
Editions : Plon
676 pages
Prix : 22 €


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