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Une semaine de lecture avec T.C. Boyle, Sophie Lemp et Arthur Teboul

  • Écrit par : Serge Bressan

parle moiPar Serge Bressan - Lagrandeparade.fr / Trois suggestions de lecture pour une semaine : d’abord, on commence avec le 29ème et nouveau roman de T.C. Boyle, l’écrivain américain éternellement rock ; ensuite, on enchaîne avec l’impeccable Sophie Lemp pour un beau texte de mémoire et d’adolescence en mélancolie, et on boucle cette semaine de lecture avec la poésie d’Arthur Teboul, le chanteur de Feu ! Chatterton, le groupe dandy pop et lettré. Bonne lecture !


T.C. BOYLE : « Parle-moi »

Avec « Parle-moi », voici un des grands livres de ces premiers mois de l’année 2023. Et ce n’est pas vraiment une surprise, l’auteur- l’Américain T.C. Boyle, 75 ans, nous offre là son 29ème roman, et le plaisir de lecture se révèle toujours aussi formidable. Cette fois, l’écrivain le plus rock de la littérature étatsunienne prend, pour héros, un chimpanzé répondant au prénom de Sam. Pour faire court, on résume : on est dans les premières années 1980 à l’université UCSM en Californie, et ça jase. Pensez donc, le Pr Guy Schermerhorn passe à la télé- mais pas seul, avec son chimpanzé Sam qu’il élève dans un ranch isolé. Conséquence de l’apprentissage du professeur : l’animal comprend ce qu’on lui dit, sait formuler des questions et interagir avec les humains. L’émission télé laisse croire que tout roule entre le professeur et son chimpanzé. Il en est tout autrement : en grandissant, Sam est devenu ingérable et menaçant par sa force physique. Alors, le professeur engage une jeune étudiante, Aimee Villard. C’est le « coup de foudre » entre Aimee et Sam… S’inspirant d’une expérience réelle, avec « Parle-moi », T.C. Boyle pose LA question existentielle : où se trouve la frontière entre l’animal et l’humain ? Une fois encore, pour notre joie, l’auteur réussit la rencontre de la folie et du progrès…

Parle-moi
Auteur : T.C. Boyle
Editions : Grasset
418 pages
Prix : 25 €

Du même auteur:

« Voir la lumière » de T.C. Boyle : l’épopée du LSD…

Les Terranautes : T.C. Boyle, sous la bulle en pensant à Mars…

 

La fille que tu étais SOPHIE LEMP : « La fille que tu étais »

Dans une (courte) préface, Philippe Delerm évoque le tutoiement, la mélodie douce-amère de l’adolescence, les postures au bord de la piscine ou encore le rythme du temps et cette mélancolie si proche. On a là tout l’univers de Sophie Lemp, romancière et aussi auteure de fictions pour la radio et de podcasts. Après « Le Fil » (2015), « Leur séparation » (2017) et « Les miroirs de Suzanne » (2019), elle remercie Annie Ernaux pour l’avoir encouragée à raconter l’histoire qu’elle était prête à abandonner, et nous glisse ainsi son quatrième roman, « La fille que tu étais ». Un roman rythmé en quatre temps : 1994-995, Seconde ; 1995-1996, Première ; 1996-1997, Terminale ; Après. Quatre temps pour la vie d’une jeune fille en adolescence. Le lycée, ce groupe d’élèves dont, vite, on comprend qu’on n’a rien en commun mais au sein duquel on veut trouver une place… Dans ces pages, il y a aussi l’amour, l’amitié, les soubresauts du corps, la jeunesse, la légèreté, la maladresse et tant d’autres choses. D’une belle écriture, en chapitres illuminés par les films d’Almodovar ou les albums de David Bowie et Neil Young- repères éternels et essentiels des années 1990, Sophie Lemp signe là un beau texte de mémoire. La meilleure façon de ne pas oublier « la fille que tu étais ».

La fille que tu étais
Auteure : Sophie Lemp
Editions : Herodios
114 pages
Prix : 16 €

 

teboulARTHUR TEBOUL : « Le Déversoir »

Une page noire et des caractères en blanc. On lit : « Va vers nulle part / L’horizon n’est pas loin / Va vers nulle part / Tu connais le chemin »… Les pages précédentes, on a lu « J’ai mangé une mince affaire », « Les mains immaculées » ou encore « Le poète est cuit ». les pages suivantes, on lira : « Le fils du monarque », « L’aube des petits fours » et aussi « Plastique rose ». Entre les mains, on a « Le Déversoir » (sous-titre : « Poèmes minutes »), le premier livre d’Arthur Teboul, 35 ans et personnage essentiel de la scène musicale francophone puisqu’il est le chanteur du groupe dandy pop et lettré, Feu ! Chatterton. Qu’on se le dise encore et encore : « Le Déversoir » n’est pas un des ces livres, un de ces recueils « écrit » à la va-que-je-te-pousse par un autoproclamé « ciseleur de mots ». « Le Déversoir », avec une invite au lecteur et ses 111 poèmes, est un hommage à Baudelaire, Lautréamont, Apollinaire, Eluard, au « pape » du surréalisme André Breton et aussi au grand Christian Bobin, parti à jamais le 24 novembre 2022. « Laissez un nom commun vous venir à l’esprit. Ecrivez-le. Qu’il vous plaise ou non. Qu’il vous trahisse ou non… », c’est la méthode Arthur Teboul, s’en suivent des « poèmes minutes » en vers ou en prose, qu’importe ! Poète, vos papiers !

 

 

Le Déversoir
Auteur : Arthur Teboul
Editions : Seghers
258 pages
Prix : 18 €


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