
Par Félix Brun - Lagrandeparade.fr/ Vingt ans de vie commune, vingt ans de fidélité…et la routine, la monotonie s’installent dans le couple… "Oui j’ai vieilli ; non je n’ai pas fait attention ; oui nous nous sommes ennuyés, un peu, mais si peu, et tout de même…On en demande beaucoup à la vie, non ? Je vieillissais lentement, bêtement, irrésistiblement, en lisant des poèmes de François Cheng dans le lit encore chaud et conjugal, en t’imaginant avec tendresse assis à ton bureau, en train de jouer à des jeux innocents.[…]Quelque chose déraille mais ce n’est pas moi. C’est le monde qui déraille." Martine découvre que Pierre la trompe et a trouvé une maîtresse sur un site internet, en sélectionnant, en correspondant avec plusieurs interlocutrices, en essayant même ces créatures répertoriées, fichées. La rencontre, la relation choisie s’opère comme lorsque sur le catalogue La Redoute on recherche un produit ou un vêtement, que l’on va recevoir, tester et, en fonction du résultat escompté, on le réexpédie pour en commander un autre…!Martine trahie, trompée, abusée, va vouloir comprendre cette nouvelle forme de cocufiage contemporain, et va s’initier. "Depuis vingt ans qu’elle était fidèle et heureuse, Martine avait même oublié qu’ils existaient : les hommes. » A travers cette démarche, elle va découvrir l’illusion, la perfidie, les faux-semblants et la banalité des échanges…" Humour, rire, plaisir, douceur. Frisson, sensation, passion. Ils cherchent donc de la vie. Tous s’ennuient.[…] C’est cela qui est étrange dans ce site. La force des mots. Ce que l’on exprime de soi."
Un roman saisissant de sincérité et de lucidité, d’une auteure victime de l’adultère sur la « toile ». Elle dénonce l’illusoire, la goujaterie et la lubricité de ces sites de rencontres adultérins, ou la femme et l’homme deviennent de simples objets de consommation. « L’extraordinaire, l’extraordinaire…Voilà ce qu’internet nous propose. Voilà le vrai mensonge et le vrai danger. » Et Martine S. de conclure : « Tout cela c’est virtuel, c’est du rien. »
Martine est sur Gleeden
Auteur : Martine S.
Editions : Editions de La Martinière
Par Félix Brun - Lagrandeparade.fr / Stade est la fiction d’une société sans pitié pour les rebus, les rejetés, les sans grades, les sans domicile, les sans travail, ceux qui font tâche dans le monde idéal imaginé par les politiciens et ceux des "grandes écoles". Nous avons grandi avec la conviction que la politique est faite pour aider les gens à vivre mieux….sans penser que les gens en question sont les hommes politiques eux-mêmes. Voilà un roman d’actualité qui apporte une solution pleine d'humour corrosif au chômage et à la présence des SDF : un simple stade devient un univers concentrationnaire adapté qui organise l’autodestruction des chômeurs et des sans-abris, devenus, l’espace d’une rencontre, supporters d’une des deux équipes de football qui s’affrontent à la mort…avec son lot de résistants, de héros, de sensibilité, de corruption, d’amour.
L’écriture de Pierre Jourdan est simple, sans fioriture ni emphase; son style direct, un peu maladroit parfois. Un livre surprenant toutefois, engagé et engageant, qui tient le lecteur en éveil jusqu’au point final ; Pierre Jourdan nous livre une vision acide mais lucide d’une société en proie à ses pires contradictions….A suivre.
Stade
Auteur : Pierre Jourdan
Editions : Persée
Par Julie Cadilhac - Lagrandeparade.fr / Antoine est le propriétaire d'un bar en Corse. Chaque nuit, il rejoint au lit son épouse Lucille, depuis longtemps endormie, et s'octroie parfois le droit de la réveiller pour jouir de son corps qu'il vénère. Tous deux ont une fille, Agathe, un rayon de soleil d'intelligence et de douceur, et un fils, Joseph, capricieux et impatient. Une nuit, après qu'Antoine ait fait l'amour à Lucille, cette dernière lui "dit quelque chose en souriant, d'une voix pleine d'amour et d'abandon, quelque chose qu'elle articula avec une netteté parfaite mais qu'il lui sembla pourtant ne pas avoir compris. Elle se rendormit tout de suite." Cette petite phrase va hanter Antoine...parce qu'elle trahit peut-être l'infidélité de son épouse. Être pétri de paradoxes, ce barman qui, presque tous les soirs, succombe à la chair facile des clientes, n'accepte pas de son côté l'idée que Lucille puisse avoir une sexualité qui s'épanouisse en dehors du cadre vertueux du mariage. C'est l'heure des remises en question pour Antoine et de l'effondrement de l'hypocrite système sur lequel reposait son existence. Il se rapproche alors de son frère cadet, Paul, écorché vif qui vit retiré dans la maison de village familiale, toujours entre deux verres.
Jérôme Ferrari a une écriture aussi puissante que violente. Il ne ménage pas ses personnages et aborde avec pertinence les thématiques de la filiation, des héritages familiaux, de la culpabilité et de l'innocence et du pouvoir toxique de notre imagination. Structuré en chapitres qui varient les points de vue et les époques, Dans le secret est un roman de qualité qui rappellera à certains le portrait somptueux de la complexité humaine que l'on ne peut qu'applaudir dans " Où j'ai laissé mon âme".
Dans le secret
Auteur: Jérôme Ferrari
Éditions: Actes Sud- Babel
Parution: 2010
Par Guillaume Chérel - Lagrandeparade.com/ Vera Bradford-Shmulkin a dix ans. Cette petite surdouée vit à New York et tient un Journal des « choses que je ne connais pas encore ». Dans son monde de, il y a « Papa », occupé à tenter de sauver la revue littéraire qu'il dirige ; « Maman Anne », qui a remplacé sa mère biologique ; et Dylan, petit frère qui pense que montrer son pénis peut suffire à apaiser les tensions permanentes d'un couple et d'une famille qui prend l'eau. Ce dernier est le seul qui paraît à peu près « normal », même s'il a un goût prononcé pour l'exhibition de ses parties génitales. On le soupçonne d'être atteint d'un TDAH.
Lire la suite : « Vera dans son monde » : Que vivra Vera Ou L’Amérique vue par une fillette
Par Guillaume Chérel - Lagrandeparade.com./ Oubliez « Pour qui sonne le glas », d’Ernest Hemingway, publié en 1940, inspiré de son vécu de journaliste pendant la guerre civile en Espagne. Arturo Pérez-Reverte, qui fut également reporter, et correspondant de guerre, avant de se consacrer à la littérature, a sans doute écrit « le » roman de la Guerre d’Espagne. « Ligne de feu » commence le 24 juillet 1938 par une nuit sans lune. Les compagnies républicaines traversent en silence le fleuve et prennent position sur la rive sud, autour du village viticole de Castellets del Segre.
Par Guillaume Chérel - Lagrandeparade.com/ Au moment où Cuba vit sa pire crise, depuis la « période spéciale », « Le soir où Bobby n’est pas venu jouer », titre du roman de l’écrivaine d’origine cubaine, Mayra Montero, résonne avec acuité. Inspiré d’une histoire vraie, comme on dit, il se réfère à deux passages du génial Bobby Fischer à La Havane. La première fois, en 1956, alors l'île des Caraïbes est encore sous domination américaine, et l’enfant de douze ans ridiculise les maîtres des échecs en tournoi. En 1966, il revient à Cuba, dans le cadre de « l'Olympiade » qui prend le relais du tournoi à la mémoire du cubain Capablanca.
Lire la suite : « Le soir où Bobby n’est pas venu jouer » : échecs et (pas) mat à Cuba
Par Guillaume Chérel - Lagrandeparade.com/ Durant l'hiver 1766, un « colporteur » de fourrures, bref un « trappeur », arrive dans un « comptoir » de la Compagnie de la Baie d'Hudson, avec dans sa besace une pépite d'or et la promesse qu’il existe un filon plus, dans le fameux « nord », au-delà de la White River, au lieu-dit Ox Lake. Dans les Terres dites « stériles », car glacées, où vivent – ou plutôt survivent – les « esquimaux », bandes réputées hostile et dangereuses. Ce sont les indiens eux-mêmes – ceux des Terres « fertiles » - qui l’affirment.
Lire la suite : « White River » : Aventure mortelle au pays des trappeurs
Par Sylvie Gagnère - Lagrandeparade.com/ Quand on évoque Stephen King, rares sont les personnes qui ne l’ont pas lu, encore moins qui ignorent son nom. Il faut dire que le bougre sait à peu près tout faire, et que de très nombreux écrits ont été adaptés au cinéma, ce qui ajoute bien sûr à sa notoriété.
Par Guillaume Chérel - Lagrandeparade.com/ Professeur d’Histoire-géographie dans un lycée public à Port-au-Prince, Jonas Dorléon s’apprête à corriger ses copies d’histoire-géo quand un gang d'adolescents armés jusqu’aux dents débarque dans son quartier, ouvrant le feu sur tout ce qui bouge : « J’ai ri pendant que ma maison flambait (...). J’ai ri, parce que je savais que, si je ne riais pas, j’allais hurler, me pisser dessus ou courir droit vers une balle, pour en finir une fois pour toutes. Et j’étais trop lâche pour mourir dignement. »
Lire la suite : C’était ça ou mourir : le rire comme moyen de sauvegarder sa dignité
Par Guillaume Chérel - Lagrandeparade.com/ « (…) si l’océan était une banque, ils l’auraient sauvé depuis longtemps. On peut le leur dire mille fois, les gens nient toujours. C'est l'ampleur du merdier qui leur fait peur. » Cette phrase donne le ton du dernier roman de Colum McCann, paru il y a plusieurs mois aux Etats-Unis, sous le titre original Twist (Torsion). En français, cela donne : « Ce qui nous frôle sous le surface ». Ce n’est pas le meilleur livre de l’irlando-américain, disons-le d’emblée, mais il a des circonstances atténuantes (que nous suggérons plus loin), et le sujet est ambitieux, comme toujours dans les œuvres aux sujets éclectiques de cet auteur majeur.
Lire la suite : « Ce qui nous frôle sous la surface » : torsion sous un crâne tourmenté
Par Guillaume Chérel - Lagrandeparade.com/ A Madrid, un couple se prépare (mentalement) à partir en vacances, malgré le stress de leur dernière journée de travail, sous une chaleur d’enfer.
Lire la suite : « Mille choses » : coup de chaud en Espagne ou la tyrannie du monde du travail
Par Félix Brun - Lagrandeparade.com/ Ohio…le MidWest…Bonhomie, une paisible petite cité. Entre 1940 et 1970, avec la deuxième Guerre Mondiale et la Guerre du Vietnam en toile de fond. La saga de deux familles, les Jenkins et les Salt, qui vont se trouver liées par un baiser spontané et fougueux partagé lors de l’annonce à la radio de la capitulation allemande début mai 1945 : une étreinte impulsive entre Cal Jenkins et Margaret Salt. Tous les deux sont mariés et leur destinée va se trouver quelque peu bouleversée…!
Par Guillaume Chérel - Lagrandeparade.com/ Si vous cherchez un pavé pour lézarder à la plage, cet été, les éditions du Cherche-Midi ont réédité un « classique » du genre (thriller) qui aurait impressionné Bret Easton Ellis : « Excitant et aussi effrayant qu'un roman de Stephen King, dixit l’auteur d’American Psycho. « La conspiration des ténèbres », de l’historien américain Théodore Roeszak (1933-2011) - à qui on doit le terme « contre-culture » - continue de fasciner les cinéphiles les plus naïfs.
Lire la suite : « La conspiration des ténèbres » : un pavé de mauvaises intentions…
Par Félix Brun - Lagrandeparade.com / « L’art est toujours affaire d’improvisation. Il en va de même pour la vie, même quand l’imprévisible semble ne pas figurer au menu. »
Un bon bouquin, ça ne périme pas! Et après, ça passe en poche et c'est encore mieux parce qu'on peut l'emporter partout!
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