Danse macabre : un recueil de jeunesse de nouvelles horrifiques, avec quelques pépites du maître
- Écrit par : Sylvie Gagnère
Par Sylvie Gagnère - Lagrandeparade.com/ Quand on évoque Stephen King, rares sont les personnes qui ne l’ont pas lu, encore moins qui ignorent son nom. Il faut dire que le bougre sait à peu près tout faire, et que de très nombreux écrits ont été adaptés au cinéma, ce qui ajoute bien sûr à sa notoriété.
Comme tout recueil de nouvelles, Danse macabre ne déroge pas à la règle : c’est inégal. D’autant qu’il s’agit de textes de jeunesse, où la maîtrise de King n’était pas encore aussi importante qu’aujourd’hui. Toutefois, quelques pépites sauvent l’ensemble, outre la curiosité de découvrir les premières œuvres d’un grand du style.
L’auteur utilise ici toute la palette de la narration : à la première ou à la troisième personne, épistolaire, conte, dialogues. Les genres sont très variés, du fantastique à la SF, en passant par nombre de nuances. On y croise des vampires, des zombies, des extra-terrestres, des rats géants, des créatures innommables... Il y aborde les thèmes qui lui sont chers : l’enfance et ses terreurs, le fantastique qui apparaît dans une réalité qui déraille légèrement, l’amour fou, la violence, l’ordinaire qui bascule dans l’horreur.
Stephen King passe donc de l’ambiance lovecraftienne, à l’écriture 19° siècle surannée, mais à la construction impeccable de Jerusalem’ lost ou Un dernier pour la route à du gore pur (La broyeuse, l’homme à la tondeuse, Équipe de nuit). On retrouve dans plusieurs textes le goût de l’auteur pour les décors, petites villes de la campagne américaine ou université, ils sont partie prenante de l’histoire (Les enfants du maïs, Vagues nocturnes, Parfois ils reviennent).
Quelques nouvelles nous ont particulièrement convaincus : Le croquemitaine, un sujet certes convenu, mais un traitement efficace, qui s’enfonce au cœur de la psyché, avec un grain d’humour et un fin très réussie ou Champ de bataille : l’affrontement entre un implacable tueur à gages et des soldats de plomb : original et jubilatoire !
Avec Camions, nous balançons entre le huis clos horrifique et le post-apo classique. La confrontation entre les trucks et ce groupe d’humains fait froid dans le dos, la fin claque, bravo !
Dans La corniche, c’est la perversité humaine qui tient le lecteur en haleine. L’histoire est captivante, malgré un thème plutôt banal, et la tension parfaitement maintenue.
Desintox S.A. est un texte glaçant et machiavélique, au ton qui oscille entre l’horreur et l’humour.
Je sais ce qu’il te faut est à la limite du fantastique, mais fonctionne très bien sur le sujet de l’emprise et du manque de confiance en soi. Prenant.
Enfin, deux nouvelles, presque pas de genre, mais superbes : Le dernier barreau de l’échelle, qui propose une narration sensible et intelligente pour une histoire d’amour fraternel tendre et triste. Et puis La femme dans la chambre, un texte remarquable d’empathie et un magnifique récit d’amour filial.
Danse macabre
Auteur : Stephen King
Éditions : Le Livre de Poche
Parution : 26 août 2026
Prix : 10,40 €





