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Tous les hommes désirent naturellement savoir : Nina Bouraoui, double vie…

Écrit par Serge Bressan Catégorie : (Auto)biographie Mis à jour : samedi 25 août 2018 16:02 Affichages : 1154

bouraouiPar Serge Bressan - Lagrandeparade.fr / Elle est arrivée à 24 ans dans le monde des lettres en 1991 avec « La Voyeuse interdite », a reçu le prix Renaudot en 2005 pour Mes mauvaises pensées. Au fil des livres, Nina Bouraoui s’est imposée comme une des meilleurs auteurs français dans le genre « roman de l’intime ». Ce qu’elle confirme en cette rentrée avec « Tous les hommes désirent naturellement savoir », un titre emprunté à « La Métamorphose » d’Aristote. Oui, tous les hommes désirent savoir. Surtout quand, comme Nina Bouraoui, ils ont depuis leur naissance une double vie. Alors, l’écrivaine née à Rennes en 1957 de père algérien et de mère bretonne raconte. Se raconte. Parce qu’elle désire savoir. Elle confie : « C’est un sujet que j’avais déjà approché dans certains de mes livres. Mais celui-ci est le premier où j’ai osé écrire « homosexualité ». Enfin, me suis-je dit ! Aujourd’hui, je suis en paix avec ça. Mais longtemps j’ai eu honte, et quand j’ai commencé à écrire, c’était pour me faire pardonner cette orientation ». Et aussi : « C’est l’histoire de mon désir qui est devenu une identité et un combat ». Défilent alors son enfance en Algérie et à Rennes où elle fréquentait allègrement le beau Parc du Thabor. Son adolescence et toutes ses interrogations sur sa sexualité naissante, entre hétérosexualité et homosexualité, sur ce tiraillement entre le besoin d’être soi-même et le sentiment de honte parce qu’on n’est pas « comme tout le monde », la réflexion un jour de sa grand-mère : « Soit c’est une intellectuelle, soit c’est une lesbienne ». Sa famille qui est « la chambre interdite de la mémoire interdite, et cette cellule close fait des ravages ». Ses études à Paris et ses sorties nombreuses (quatre fois par semaine) au Kat, club réservé aux femmes, rue du Vieux-Colombier dans le Quartier latin. « Deux cœurs battaient alors, le mien et celui des années quatre-vingt », écrit-elle. Et aussi : « Je cherchais l’amour. J’y ai appris la violence et la soumission ». Entre l’adolescence et le début de l’âge de femme, cette sensation d’être « une flèche lancée vers sa cible, que nul ne pouvait faire dévier de sa trajectoire. J’avais la fièvre ». En chapitres courts autour de trois thématiques (« devenir », « savoir », « se souvenir ») alternées, avec « Tous les hommes désirent naturellement savoir », Nina Bouraoui signe un livre tout en émotion, en questions. Le livre de la double vie.

Tous les hommes désirent naturellement savoir
Auteur : Nina Bouraoui
Editions : JC Lattès
Parution : 22 août 2018
Prix : 19 €