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Roland ToporPar Guillaume ChĂ©rel - Lagrandeparade.fr/ « Incroyable Topor Â», Ă©crit justement PacĂ´me Thiellement dans sa prĂ©face Ă  « Joko fĂŞte son anniversaire Â», publiĂ© chez Wombat (1), comme une trentaine d’autres inĂ©dits de l’homme au rire de hyène… qui a reçu le Prix des Deux-Magots en 1969 pour ce livre : « Artiste unique en son genre, reprend t-il, atteignant une sorte d’absolu de la cruautĂ© et de la ridiculisation du monde entier, il n’aurait Ă©crit que des romans, il serait considĂ©rĂ© comme l’un des plus grands Ă©crivains du XXe siècle, du niveau de Kafka, Hasek, Borges. Il n’aurait fait que des pièces de théâtre, un des plus grands dramaturges, pas loin de Beckett, Genet, Copi. Que des dessins, un artiste aussi important que Giacometti ou Bacon. Il a tout fait, avec un niveau de gĂ©nie constant, une grâce folle et une puissance visionnaire intacte. Â». Alors qu’on continue de considĂ©rer Roland Topor (1938-1997) comme un grand dĂ©conneur, regrette-t-il… Ne retenant de lui que sa (courte) pĂ©riode tĂ©lĂ© : « Merci Bernard Â» et Palace, repris par Jean-Michel Ribes, ou « TĂ©lĂ©chat Â» ; ou son passage Ă  Hara-Kiri. Il a aussi collaborĂ© aux revues « Art Â» et « Bizarre Â», au mouvement « Panique Â», avec Arrabal et Jodorowski. Son premier roman, « Le locataire chimĂ©rique Â» a Ă©tĂ© adaptĂ© au cinĂ©ma par Roman Polanski ; sans oublier son travail de graphiste, le film d’animation « La planète sauvage Â».

Lire la suite : Topor n’est pas mort, la preuve il mord encore...

IntervallesPar Guillaume ChĂ©rel - Lagrandeparade.fr/  Ce n’est pas le sujet direct d’"A la trace", le nouveau livre de Carole Zalberg, par ailleurs militante du droit des Auteurs, Ă  la SGDL (SociĂ©tĂ© des Gens de Lettres), mais on y pense très fort. Ils sont des dizaines de milliers Ă  y penser : faire leur « Alya Â» (retour en terre d’IsraĂ«l). Depuis deux ans, plus de 7.000 juifs français sont partis. Du jamais vu depuis la crĂ©ation de l’État hĂ©breu, en 1948. Les attentats des dernières semaines risquent d'aggraver ce phĂ©nomène. Au point que les autoritĂ©s israĂ©liennes s'inquiètent de voir arriver des gens non prĂ©parĂ©s, alors que l'« alya Â» est une dĂ©marche difficile.

Lire la suite : Les éditions Intervalles à la trace : de Carole Zalberg, Olivier Auroy à Rouja Lazarova

GengisPar Guillaume ChĂ©rel - Lagrandeparade.fr/ « Il n'est rien de plus beau que de vaincre son ennemi, prendre ses femmes, s'accaparer ses richesses et monter ses chevaux. Â». Ainsi parlait Gengis Khan, alias Temunjin (1162-1227), son petit nom, pour les intimes… Premier empereur mongol qui utilisa son gĂ©nie politique et militaire pour unifier les tribus turques et mongoles de l’Asie centrale et ainsi fonder l’empire le plus vaste de tous les temps. Il mena pour cela la conquĂŞte de la majeure partie de l’Asie, incluant la Chine, la Russie, la Perse, le Moyen-Orient et l’Europe de l’Est.

Lire la suite : Julien Peltier : Sur la piste du Loup des Steppes

rosaliePar Félix Brun - Lagrandeparade.fr/ Paris…Saint Germain des Prés…et tout près la rue du Dragon…une discrète et délicieuse papeterie où la délicate Rosalie Laurent illustre des cartes postales. Dès son plus jeune âge elle éprouve une sensibilité particulière pour la couleur bleue déclinée dans toutes ses nuances, aussi riches et chaleureuses que lumineuses. Et c’est un conte pour enfant "Le Tigre Bleu" qui va bousculer son existence : "l’enfance est le sol sur lequel nous marcherons toute notre vie."

Lire la suite : La vie en Rosalie : « Paris est toujours une bonne idée »

DjiboutiPar Catherine Verne - Lagrandeparade.fr/ L'auteur, Pierre Deram, polytechnicien de 26 ans ayant lui-même séjourné en Afrique, accorde beaucoup, et d'entrée, au personnage qu'est la capitale éthiopienne. Une ville telle Djibouti, ce lieu où on ne fait que passer quand on est un étranger en transit comme le héros débarqué quelques mois auparavant pour intégrer une garnison française, on y entre un jour ou une nuit, puis on en sort, une nuit ou un jour, et la vie continue comme si rien ne s'était passé, du moins c'est ce que l'on croit -et sans doute, d'une certaine façon, est-ce ce qui se produit, car la vie gagne toujours.

Lire la suite : Djibouti : un portrait onirique et sombre du Spleen du légionnaire

PardonPar FĂ©lix Brun - Lagrandeparade.fr/ Comment en est-il arrivĂ© lĂ  ? « J’ai tuĂ© cet homme parce que j’ai fait semblant de croire qu’il le fallait. J’ai essayĂ© de me convaincre que sa mort avait une raison d’être. Â» Au fond de sa cellule, Miguel, le jour de ses vingt-trois ans, confesse dans un manuscrit ses errements, et les causes de son ralliement Ă  un mouvement terroriste.

Lire la suite : Harriet Marin : les confessions d’un terroriste repenti

Bien comme il fautPar Guillaume ChĂ©rel - Lagrandeparade.fr/ Dans sa prĂ©face au premier roman de son ami Alain Ranval, alias Ramon Pipin, « Une fille comme il faut Â», Tonino Benacquista Ă©crit ceci : « Pipin a l’adjectif pendable, la parabole pĂ©tulante et la syntaxe sportive. Â» Exemple ? : « Ă€ cinq ans, il y a des mĂ´mes qui parlent couramment en hiĂ©roglyphes, des qui bouffent des Ă©quations au p’tit dĂ©j, des qui jouent le Concerto pour piano no 1, de Rachmaninov, Ă  l’harmonica… Et attends, on leur a mesurĂ© le pĂ©rimètre encĂ©phalique, Ă  tous ces petits gĂ©nies, et figure-toi que vers treize ans ils font dĂ©jĂ  cinq centimètres de plus que la moyenne nationale, t’imagines ? Si ça continue, on va avoir une gĂ©nĂ©ration de mĂ´mes avec des crânes d’un mètre cinquante de diamètre. C’est les fabricants de passe-montagnes qui vont ĂŞtre contents !… ». Il est vrai que ça rappelle un peu les vieux de la vieille comme Alphonse Boudard, Audiard, San Antonio. Ça sent le poulbot parigot.

Lire la suite : Ramon Pipin : une jeune fille (pas vraiment) comme il faut

PilatePar Catherine Verne - Lagrandeparade.fr/ Comment Ponce Pilate, investi de la responsabilité qu'on lui connaît historiquement, a-t-il vécu sa prise de décision quant au sort de Jésus? Roger Caillois s'est employé à l'imaginer en proie au doute, à l'indécision, à l'insomnie, demandant conseil à un chaldéen expert en interprétation des rêves, remuant des conjectures aux conclusions contradictoires, et agitant jusqu'au bout de la nuit mille de ces hypothèses existentielles qui revêtent, pour nous tous, l'allure de lancinantes litanies, commençant par "si"... "et si..."

Lire la suite : Roger Caillois : un roman prenant et bouleversant de fantasme surréaliste

JaenadaPar Guillaume ChĂ©rel - Lagrandeparade.fr/  "La Petite Femelle", telle une enquĂŞte policière, retrace la quĂŞte obsessionnelle que Philippe Jaenada a menĂ© pour rendre justice Ă  Pauline Dubuisson en Ă©clairant sa personnalitĂ© d'un nouveau jour. Au mois de novembre 1953 dĂ©bute le procès retentissant de Pauline Dubuisson, accusĂ©e d'avoir tuĂ© de sang-froid son amant. Mais qui est donc cette beautĂ© ravageuse dont la France entière rĂ©clame la tĂŞte ? Une arriviste froide et calculatrice ? Un monstre de duplicitĂ© qui a couchĂ© avec les Allemands, a Ă©tĂ© tondue, avant d'assassiner par jalousie un garçon de bonne famille ? Ou n'est-elle, au contraire, qu'une jeune fille libre qui revendique avant l'heure son Ă©mancipation et questionne la place des femmes au sein de la sociĂ©tĂ© ? Personne n'a jamais voulu Ă©couter ce qu'elle avait Ă  dire, elle que les soubresauts de l'Histoire ont pourtant broyĂ©e sans pitiĂ©. Ă€ son sujet, comme il l’avait fait pour « Sulak Â» (Julliard), son prĂ©cĂ©dent livre, Philippe Jaenada a tout lu, tout Ă©coutĂ©, soulevĂ© toutes les pierres. Il nous livre ici un roman minutieux et passionnant, auquel, avec un sens de l'Ă©quilibre digne des meilleurs funambules, il parvient Ă  greffer son humour irrĂ©sistible, son inimitable autodĂ©rision et ses cascades de digressions. Un rĂ©cit palpitant, qui dĂ©fie toutes les règles romanesques. Nous l’avons rencontrĂ© pour lui poser les questions que se pose son public, de plus en plus nombreux, depuis son Prix de Flore pour « Le Chameau sauvage Â», en 1997.

Lire la suite : Philippe Jaenada : le grand mâle à l'esprit d'escalier

Le dilettantePar Guillaume ChĂ©rel - Lagrandeparade.fr/ Il fallait y penser… Faire revenir Ă  la vie NapolĂ©on Bonaparte, tel « Hibernatus Â», maintenu en parfait Ă©tat de conservation par les eaux glacĂ©es de la mer du Nord. RepĂŞchĂ© par un chalutier Findus, dĂ©congelĂ©, l’empereur retrouve Paris au moment des attentats… Juste Ă  temps pour sauver le monde occidental ?

Lire la suite : Romain Puértolas : Napoléon contre Daesch

Fox-trotPar FĂ©lix Brun - Lagrandeparade.fr/ La crise de 1929 a tracĂ© les sillons de l’extrĂ©misme, de l’antisĂ©mitisme, de la misère dans une Europe encore meurtrie et en partie affamĂ©e par les consĂ©quences de la 1ère Guerre Mondiale. En fĂ©vrier 1934, l’affaire Stavinsky ternit et souille  une classe politique en proie Ă  ses pires contradictions, Ă  ses pires travers. L’extrĂŞme droite, les Croix de Feu, Action Française, les Camelots du Roi manifestent violemment le 6 fĂ©vrier  Ă  Paris, Place de la Concorde, face Ă  l’AssemblĂ©e Nationale…..la manifestation dĂ©gĂ©nère faisant 14 morts et 62 blessĂ©s dont certains succomberont Ă  leurs  graves blessures…"cette rĂ©cession Ă©conomique, l’état d’appauvrissement de la population et la crise de confiance envers les Ă©lus et les institutions gĂ©nèrent Ă©galement une vague de criminalitĂ© ordinaire." Dans cet environnement de passions politiques, d’idĂ©aux exacerbĂ©s, de patriotisme outrancier, Charles instituteur,  qui n’est pas insensible aux charmes des jolies femmes, va accepter une mission complexe et dangereuse pour Roger Salengro le maire de Lille : infiltrer et devenir une taupe chez les Croix de Feu.

Lire la suite : Fox-trot : « Deux sous de fleurs » pour des espoirs assassinés

Le crime Par FĂ©lix Brun - Lagrandeparade.fr/ Une histoire courte, d’une simplicitĂ© dĂ©concertante : un nouveau cru Nothomb qui frise l’excellence. Le roman dĂ©bute avec la dĂ©couverte nocturne, dans la forĂŞt, d’une jeune fille transie de froid, par une voyante qui alerte le père, le comte de Neville. Cette pythonisse fait Ă  celui-ci une prĂ©diction pour la dernière rĂ©ception qu’il organise en son château agonisant le 4 octobre prochain : "Lors de cette rĂ©ception vous allez tuer un invitĂ©." Cette mauvaise augure va hanter et bouleverser le comte Neville, au point d’en perdre le sommeil et d’être très perturbĂ©: "MĂŞme le sceptique le plus cartĂ©sien croit en son horoscope."
Le comte est un personnage quelque peu Ă©trange, Ă©tonnant ; sa seule raison d’être consiste d’offrir Ă  ses hĂ´tes le meilleur accueil, une attentive bienveillance, les plus fins Ă©gards ; il sĂ©duit "pour l’unique plaisir de donner Ă  l’autre l’impression qu’il mĂ©rite tant d’efforts. (Sa) sĂ©duction est une gĂ©nĂ©rositĂ©." Le comte de Neville devenu « aimablement rondouillard Â», est le fruit d’une noblesse belge fière et orgueilleuse, dont le père « Ă©tait simplement incapable de changer de vie, de ne pas tout sacrifier aux apparences, de ne pas recevoir fastueusement la Belgique noble une fois par mois, mĂŞme s’il fallait crever de misère le reste du temps. Â» Neville n’échappe pas aux coutumes et règles d’une noblesse appauvrie, ruinĂ©e et rĂ©signĂ©e de vendre ses biens trop coĂ»teux Ă  entretenir, qui tombent en dĂ©crĂ©pitude. Neville a trois enfants aux prĂ©noms curieux, Oreste, Electre et SĂ©rieuse : « Modernes par leur naissance, ils avaient Ă©tĂ© Ă©levĂ©s selon le mode ancien par des parents que leur milieu avait rendu aveugles Ă  cette rĂ©volution. Â»
La prĂ©diction pour ce 4 Octobre 2014 va-t-elle se rĂ©aliser…. ?
Certains diront que c’est vraiment très court pour un roman…mais mesure-t-on la qualitĂ© d’un ouvrage au nombre de pages ? D’autres diront que la rĂ©gularitĂ© annuelle des publications nuit Ă  la valeur littĂ©raire ….pourtant le petit nouveau est un vrai nectar ! Avec le talent qu’on lui reconnait,  AmĂ©lie Nothomb nous invite dans le milieu de la noblesse belge dĂ©sargentĂ©e et dĂ©cadente qu’elle connait trop bien, caste trop fidèle aux apparences et au paraĂ®tre. Avec beaucoup d’esprit, d’humour et d’excentricitĂ©, elle Ă©gratigne affectueusement, dĂ©licieusement et dĂ©licatement cette noble communautĂ©, et comme Ă©crit en quatrième de couverture, "Ce qui est monstrueux n’est pas forcĂ©ment indigne."

Le crime du comte Neville

Auteur : AmĂ©lie Nothomb

Editions : Albin michel

« Quand crie la chouette ta pensĂ©e est juste. Â» (vieux dicton belge)

ManfrediPar Guillaume ChĂ©rel - Lagrandeparade.fr/ A quoi reconnaĂ®t-on un bon Ă©crivain ? A son style quasiment inimitable. Et le style, c’est la femme…pour paraphraser Buffon. Car en l’occurrence ici, c’est la voix singulière d’une Ă©crivaine qu’on entend, et pas d’une « bouffonne Â», histoire de coller au sujet du livre, vous comprendrez plus loin. Astrid Manfredi est l’auteur(e) d’un premier roman maĂ®trisĂ© comme rarement, « La petite barbare Â», inspirĂ© d’un fait-divers horrible (la torture et le meurtre du jeune Ilan Halimi par le dĂ©nommĂ© « gang des barbares Â»). Un roman maĂ®trisĂ©, donc, parce que tous les mots semblent Ă  leur place. Pas une phrase n’est de trop. Un peu comme une Ĺ“uvre d’art sculptĂ©e, ou un bijou serti comme il faut. A la fois sobrement et merveilleusement. La magie opère. L’alchimie des mots fonctionne. Ça avance. Ça ne tourne pas en rond, comme tant de petits romans franchouillards, vite lus, vite oubliĂ©s.
Astrid Manfredi a choisi de donner sa voix Ă  celle qui avait attirĂ© le pigeon, le « bourgeois Â», comme elle l’appelle, dans le piège tendu par le gang… de « La petite barbare Â», du coup. Et son talent est tel qu’elle la rend presque sympathique, on la sent en empathie cette pauvre jeune-fille sans prĂ©nom, mais dĂ©jĂ  en prison Ă  vingt ans passĂ©s, et qui fait rire des codĂ©tenues. Une « sauvageonne Â» sans père (absent) ni repère. NĂ©e en banlieue au milieu d’une « meute de loups sans forĂŞt. Ensemble, sans personne Ă  mordre Â». Mais ça, c’était lorsqu’elle Ă©tait enfant. La chevelure de sa mère l’attendrissait encore…ça s’est dĂ©gradĂ© en grandissant, en prenant des formes. Elle a trop regardĂ© la tĂ©lĂ©. Elle aussi veut consommer, boire du champagne et s’habiller classe. Puisqu’elle attire les hommes, elle sera la sexy-girl de la bande. Une sorte de Loana-Zaya-Nabilla, starlettes du pauvre… Et le piège se referme, pour la proie, mais aussi pour les apprentis loups devenus victimes de la sociĂ©tĂ©.
La forme est bonne. C’est entendu. C’est un bon roman, bien Ă©crit, avec des tripes et les justes mots des quartiers, sans en abuser. Mais le lecteur peut aussi s’interroger sur le fond. On peut lĂ©gitimement se demander pourquoi, alors que l’auteure reste proche des deux principaux personnages du « vrai Â» fait-divers macabre (Youssouf Fofana, le chef de bande black se disait antisĂ©mite, et Emma, la nymphette sexy qui a servi d’appât, a continuĂ© Ă  sĂ©duire ses geĂ´liers), elle omet de rappeler que la « vraie Â» victime Ă©tait juive, et qu’on l’a choisi, lui, parce que « les juifs ont de l’argent Â». Le sujet (quartiers sensibles, ghettoĂŻsation, injustice sociale…barbarie) n’étant pas anodin, pourquoi ne pas aller au bout des choses - comme le fit dans son roman-enquĂŞte, Morgan Sportes (« Tout, tout de suite Â», Fayard 2011) - et Ă©viter d’évoquer le communautarisme et l’antisĂ©mitisme, voire l’islamisme, Ă  peine survolĂ© ? Astrid Manfredi ne prend pas parti, soit. Mais comme le lecteur, par sa vision ou comprĂ©hension des choses, achève d’écrire un livre, nous nous permettons de poser la question…

La petite barbare d’Astrid Manfredi (Belfond, 154 p, 15 euros).

 

 

 

Tandis que je me dĂ©nudePar Guillaume ChĂ©rel - Lagrandeparade.fr/ Auteure d’un roman, « Mesdames, souriez Â» (Fayard 2005), de nouvelles et d’un essai, « Tu peux sortir de table Â» (Fayard 2008), Jessica L. Nelson est chroniqueuse littĂ©raire sur TF1 depuis quelques annĂ©es. Elle connait donc bien le « monde Â» de la tĂ©lĂ©vision. Elle en a fait le sujet de son nouveau roman : « Tandis que je me dĂ©nude Â», paru chez Belfond. Qu’elle aurait pu intituler : « A poil ! Â», ou "les M’as-tu vu Ă  la tĂ©lĂ© ?". Son personnage (son double ?), Angie Rivière, professeur, participe Ă  une Ă©mission de tĂ©lĂ©vision afin de prĂ©senter son premier roman, « BĂ©bĂ©s de brume Â». Elle ne se sent pas Ă  l'aise, Ă  l'impression que les personnes prĂ©sentes sur le plateau scrutent son intĂ©rieur, son intimitĂ©. Plus le temps passe, devant les camĂ©ras, plus les blessures du passĂ© ressurgissent et se mĂŞlent Ă  ses interrogations existentielles.
L’intĂ©rĂŞt du roman de Jessica L. Nelson rĂ©side dans sa structure narrative. En effet, tous les invitĂ©s du « plateau Â» ont leur mot Ă  dire…à penser plutĂ´t. Un peu comme les anges des « Ailes du dĂ©sir Â», de Wim Wenders, nous entendons les pensĂ©es de l’animateur, des acteurs et autres auteurs vedettes, ainsi que des membres du public qui servent de dĂ©cor au « show Â» et mĂŞme d’une tĂ©lĂ©spectatrice, la narratrice, qui n’en peut plus de ce miroir aux alouettes, oĂą tout est jouĂ©, surjouĂ©, dĂ©jouĂ©. Va-t-elle finir par exploser ? Ou imploser, comme un poste de tĂ©lĂ©vision?

Tandis que je me dénude

Auteur : Jessica L. Nelson

Editions : Belfond

237 pages, 17 euros


 

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