Juste après la vague : un récit post-apo qui parle fraternité, désespoir et résilience, servi par de très belles illustrations
- Écrit par : Sylvie Gagnère
Par Sylvie Gagnère - Lagrandeparade.com/ Une vague géante a déferlé sur le monde et a tout englouti sur son passage. La famille de Louie n’a pas fui.
Sur leur colline devenue île, ils survivent. Leur quotidien est rythmé par les petites joies tranquilles : le café, les tartines grillées du matin, les œufs frais que pondent leurs poules. Mais les tempêtes continuent, et l’eau monte de plus en plus. Les parents comprennent qu’il est temps de partir et de tenter de rejoindre les Terres Hautes, où se sont réfugiés des rescapés. Ils ont récupéré une barque, mais elle n’est pas assez grande pour toute la tribu. Quels enfants laisser derrière en attendant de retourner les chercher ? Louie et sa jambe malade, Noé le plus jeune et Perrine qui n’a qu’un œil restent en arrière. Sera-t-il possible de revenir ? Pourront-ils survivre ? Tandis que les autres membres de la famille affrontent les éléments et les monstres marins, les trois petits vont devoir se débrouiller.
L’intrigue de Juste après la vague se sépare rapidement en deux parties : le voyage périlleux des parents et de ceux qu’ils ont emmenés, et la survie des trois enfants qu’ils ont laissés derrière eux. Ce roman graphique aborde des thématiques fortes, de la solidarité à la perte de l’innocence, en passant par la puissance de la nature déchaînée et la peur. Que ce soit sur l’îlot ou dans la barque, l’enjeu est de taille : rester en vie !
Sur la mer, la culpabilité tenaille la mère, qui ne peut assumer la décision prise, tandis que le père repousse ce sentiment au nom de la nécessité. L’action est tendue, ils affrontent les pires dangers, les vagues en furie, et la mort rôde. Sur terre, les petits tentent de s’organiser, et offrent des moments touchants de tendresse et de fraternité. Les personnages secondaires – antagoniste ou alliées – sont très bien traités. Leur présence évite un effet de huis clos qui aurait nui à la portée du message.
Les illustrations de Dominique Monféry épousent le rythme de l’intrigue, avec une construction de cases éclatée qui ajoute une tension dramatique remarquable. Qu’elles soulignent le chaos qui menace ou la douceur de l’entraide, leur beauté apporte une dimension supplémentaire à l’ouvrage. Le travail sur la couleur, parfaitement maîtrisé, accentue la portée onirique des passages où Louie rêve.
Juste après la vague
Scénariste et dessinateur : Dominique Monféry
D’après le roman de Sandrine Colette
Éditions : Rue de Sèvres
Parution : 21 janvier 2026
Prix : 25 €






