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« Le dernier présage de Victoria Woodhul » : un cœur simple

  • Écrit par : Guillaume Chérel

Par Guillaume Chérel - Lagrandeparade.com/ « Pas de temps à perdre. Aujourd’hui, je meurs. ». C’est ainsi que dans son manoir de Norton’s Park Victoria Woodhull annonce à son domestique Ménélas Daisastre – un Marseillais traumatisé par la Grande Guerre – qu’elle entame la dernière journée de son existence.

Ce dernier s’en émeut auprès de la gouvernante, Miss Florence Nixon, pour tenter d’infléchir les événements. Ce, même si, à quatre-vingt-huit ans, la vieille dame est coutumière des prédictions catastrophiques. Ses extravagances proverbiales, ainsi que ses contradictions, animent le quotidien du personnel, au même titre que les récits morcelés de son passé, dont il est impossible de démêler le vrai du faux.

Voici le pitch du premier roman de Maxim Schwartz, pas même trentenaire, qui s’est abstenu de s’inspirer de son nombril pour imaginer cette histoire écrite dans un style classique, comme dans l’temps longtemps… Les amatrices et amateurs de la période victorienne (elle s’appelle Victoria, rappelons-le) seront sous le charme. On s’y croirait. Ça change des sempiternelles histoires de serial-killers et autres psychodrames familiaux qui encombrent les rayons des libraires à chaque rentrée littéraire depuis une demi-douzaine d’années.
Or donc, la miss aurait été la première femme candidate aux élections présidentielles des États-Unis, en 1872 ; première grande courtière de Wall Street ; voyante ; fille d’escrocs de l’Ohio ; pionnière de l’amour libre ; fervente militante du droit de vote des femmes ; actrice, écrivaine ; devenue héritière d’une riche dynastie britannique. Victoria Woodhull n’a cessé de réinventer sa légende, comme son perroquet sans âge, lequel semble également avoir eu plusieurs vies (et qui vient de disparaitre). On la dit originale et singulière, mais c’est tout un cœur simple, comme dans le fameux perroquet du conte de Flaubert . Une femme courageuse, qui s’est démenée pour être le plus libre et indépendante possible.
Tandis qu’elle prépare minutieusement sa mort, une course contre la montre s’engage. Cette « dernière » journée va chambouler les croyances de chacun au manoir, jusqu’à la chute finale, qui en surprendra plus d’un.e. C’est raffiné, drôle, léger, comme le nombre de pages de ce roman au parfum désuet. Pas le chef-d’œuvre du siècle mais une bonne surprise, quand on est lassé par tous ces romans français qui se ressemblent. Retenez ce nom. Maxim Schwartz a vingt-sept ans. Il vit à Paris. Le dernier présage de Victoria Woodhull n’est sans doute pas son dernier roman.

Le dernier présage de Victoria Woodhul
Editions : Philippe Rey éditions
Auteur : Maxim Schwartz
150 pages
Prix : 18 €
Parution : 20 août 2026


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