« L’Ivresse de la violence » : la tyrannie sauvage et barbare des Croix-Fléchées
- Écrit par : Félix Brun
Par Félix Brun - Lagrandeparade.com / Hiver 1944/1945. Budapest : les nazis doutent de l’issue de la guerre. D’un côté, les alliés accentuent leur pression sur la Wehrmacht et de l’autre le front russe avance irrésistiblement…
Dans la capitale hongroise, une milice règne sur la ville : les Croix-Fléchées, une organisation paramilitaire, nationaliste et purificatrice du peuple hongrois. "Ces nazis hongrois ont développé un système de symboles distinctifs. Ils portaient des chemises vertes, leur insigne était une croix fléchée – c’est-à-dire une croix comprenant quatre flèches pointées vers l’extérieur- de couleur verte et leur salut était « Haut les cœurs ! Vive Szalasi »." Ferenc Szalasi était le leader du parti « Azpad » et le « Chef de la Nation ». Leur programme était similaire à celui des nazis, l’épuration ethnique, les déportations et l’élimination des éléments impropres à la Nation Hongroise. Brenner, un petit patron d’usine, « chrétien lui aussi mais déserteur, marié avec une femme et une maîtresse juives », va être la proie et l’instrument de cette escalade et ce déchaînement de violences, de meurtres, de viols, de persécutions et de tortures…mais Brenner est partiellement épargné : il possède un camion et il va être utilisé pour le transport de victimes des Croix-Fléchées et les basses besognes d’élimination des corps meurtris et torturés, morts de la barbarie inimaginable de ces barbares. Alors que l’avancée des troupes soviétiques se fait de plus en plus pressante autour de Budapest, Brenner assure également avec son véhicule les déplacements et les déménagements des familles des responsables de cette milice…
Un roman historique effrayant, à éviter pour les personnes sensibles, tant les exactions commises par les Croix-Fléchées relèvent d’une extrême férocité, d’une sanguinaire volonté à la hauteur des nazis. Avec une écriture simple, directe et réaliste, Gabor Zoltan décrit cette spirale infernale et abyssale de la violence, de la cruauté, cette communion des hommes dans l’horreur, le mal, dans l’ivresse du sang et de la souffrance. «Un aspect essentiel dans l’écriture de mon roman était de montrer que pour les bourreaux, les ennemis à exterminer n’étaient pas seulement les juifs mais aussi leurs protecteurs et tous ceux qui n’étaient pas nationalistes.»
Un troublant moment de lecture, bouleversant, dérangeant ; comment peut-on imaginer que certains hommes, par conviction ou nationalisme, puissent sombrer dans une telle folie sanguinaire et meurtrière ? A l’heure où les mouvements nationalistes s’installent au pouvoir ou dirigent plusieurs nations, et que des partis politiques et leurs dirigeants se revendiquent de ces idéologies, il y a matière à s’inquiéter !
L’Ivresse de la violence
Auteur : Gabor Zoltan
Traduction : traduit du hongrois par Thomas Sulmon
Editions : Belfond
Date de parution : 08/01/2026
Prix : 23€






