Menu

Georges Brassens ce poète unique : Quand on est bon… on est bon...

  • Écrit par : Guillaume Chérel

Par Guillaume Chérel - Lagrandeparade.com/ Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur le répertoire de Brassens, sans jamais oser le demander, est dans la somme foisonnante que lui a consacré Loïc Rochard, spécialiste de l'œuvre de Georges Brassens. Soit cent quatre-vingt-dix-huit chansons, présentées et analysées une par thématique : histoire, sources d'inspiration, choix des mots, versification, syntaxe.

Quels événements ou réflexions l'ont inspiré ? Qu'a-t-il soigneusement dissimulé derrière ses mots : ses sources littéraires, ses réminiscences poétiques, ses inventions ou fantaisies linguistiques, ses libertés de versification ou de syntaxe, la musicalité virtuose de ses phrases et ses audaces de ton et de rythme ? La lecture réserve encore des surprises sur la signification réelle de certains textes emblématiques.

« L'Auvergnat », par exemple, parfois intitulée « Chanson pour l'Auvergnat », est l'une des œuvres les plus emblématiques. Voici le décryptage des secrets et des singularités de ce chef-d'œuvre, sorti en 1954, mais toujours d’actualité.

L'histoire et l'inspiration : L'hommage réel : La chanson est dédiée à Marcel Planche, l'hôte de Brassens au 9 impasse Florimont à Paris, qui était originaire d'Auvergne. Le refuge de la guerre : Cet homme, avec sa compagne Jeanne Le Bonniec (la fameuse « Jeanne », de la chanson « La Cane de Jeanne »), a caché et nourri Brassens alors qu'il fuyait le Service du Travail Obligatoire (STO) en 1944. La pauvreté partagée : Brassens rend grâce à des gens extrêmement modestes qui ont partagé le peu qu'ils avaient (un morceau de bois, un quignon de pain) dans un élan de pure humanité.

Les singularités stylistiques et linguistiques : La structure litanique : Le morceau est construit comme une prière laïque et répétitive, saluant tour à tour « l'Auvergnat », « l'Hôtesse » et « l'Étranger ». La force des archétypes : Brassens utilise des figures universelles et intemporelles qui transforment un simple fait divers de solidarité en un conte moral universel. L'opposition morale : le texte oppose violemment la générosité des marginaux à la cruauté des « croquants » et des « honnêtes gens » qui ferment leur porte. La versification soignée : Rochard souligne l'utilisation de octosyllabes stricts et de rimes croisées d'une musicalité parfaite, typique du classicisme de Brassens.

L'impact culturel : L'hymne à la fraternité : Cette chanson a définitivement installé Brassens dans le cœur du public français comme le chantre de la solidarité humaine face à l'indifférence sociale. Le succès immédiat : parue sur son troisième album, elle reste l'un des titres les plus repris et étudiés dans les écoles pour la pureté de sa langue.
Après des recherches systématiques et méticuleuses, Loïc Rochard, déjà auteur de plusieurs livres sur l’auteur des « Copains d’abord »  souligne la singularité et l’originalité d’écrits destinés à être davantage que de simples ritournelles populaires. N’oublions pas que Brassens se disait « anarcolibertaire ». Et si tout ce qu'on avait compris du Sétois à l’accent chantant était à revoir ? Ou du moins, à compléter. De quoi le faire se retourner à nouveau (de plaisir) dans sa tombe du cimetière de la mer. A suivre… Car l’œuvre de Brassens est immortelle.

Georges Brassens ce poète unique (les singularités de toutes ses chansons)
Editions : Le Cherche Midi
Auteur : Loïc Rochard
893 pages
Prix : 29 €
Parution : 24 septembre 2026

 


À propos

Les Categories

Les bonus de Monsieur Loyal