Cinéma dans l'Hérault : Priscilla Schneider et le" Quai des Lumières" de Frontignan
- Écrit par : Delphine Caudal
"Bienvenue au Quai des Lumières (...) une autre manière de vivre le cinéma!" Au 12 quai Voltaire, à Frontignan, c’est un nouveau cinéma qui fait parler de lui depuis son ouverture, en novembre 2025. Il y a cinq mois, un public curieux et enthousiaste s’y précipitait pour découvrir le projet innovant dont le bassin de Thau avait bien besoin. Et c’est un pari réussi. Avec quatre salles de cinéma, un peu moins de six cent fauteuils, une librairie, un restaurant, et un espace de rencontre, la diversité et le partage sont de mise dans ce beau lieu cinématographique.
On peut y multiplier les visites tant le moment est agréable : un stationnement facile, des fauteuils particulièrement confortables, un accueil chaleureux, que pourrait-on bien demander de plus ?! L’équipe se démène pour produire une programmation aussi fournie que variée, que l’on peut d’ailleurs consulter facilement sur le site internet, ou grâce au format papier proposé sur les lieux, édité chaque quinzaine.
Le programme du 27 mai au 9 juin 2026, déjà consultable en ligne, et délivré mardi 26 mai en version papier, promet de belles découvertes. Priscilla Schneider, directrice du cinéma, s’est rendue au Festival de Cannes, et elle rentre particulièrement ravie de projeter un certain nombre de pépites qui seront distillées jusqu’au dernier trimestre de l’année.
« Le Box-office cette année, est très bon et encore ultra prometteur. De retour de Cannes, la récolte fut bonne. En effet, vous profitez déjà des premières sorties des films cannois, le reste arrive au dernier trimestre. Mais il n’y a pas que Cannes dans la vie ! Par exemple le film Sauvons les Meubles, ou Le garçon qui faisait danser les collines, deux merveilles qui n’ont pas monté les marches. » Extrait de l’édito du programme #12
Nous avons eu le plaisir d’échanger quelques mots avec elle, et nous la remercions vivement pour le soin qu’elle a apporté à toutes ses réponses.
Indéniablement, votre cinéma attire. Comment réalisez-vous votre programmation ? Y-a-t-il un équilibre, ou une préférence de votre part entre films à grand public et films d'auteur ?
Une programmation réussie, c’est un savant équilibre entre les films qui font vendre du pop-corn et les films d’auteur. Comme nous ne pouvons pas voir tous les films (cela prendrait bien trop de temps !) nous travaillons avec des agences de programmation, comme 95% des cinéma en France. Puis nous discutons avec eux, de nos envies du moment, de nos coup de cœur, mais aussi des «locomotives incontournables ». Parfois, il faut aussi savoir faire de bons choix. Il peut y avoir un battage médiatique pour un film, comme ce fut le cas pour Pour le Plaisir de Reem Kherici, et certaines pépites peinent à se faire une place, comme Sauvons les Meubles de Catherine Cosme. Il y a aussi de grosses contraintes. Pour obtenir certains films, comme Scary Movie, nous devons faire quatorze projections dans la semaine, avec au moins une par jour, sinon nous ne l’obtenons pas.
On parle beaucoup du Quai des Lumières, sur Montpellier, mais aussi dans l’Archipel de Thau. Les établissements scolaires sont eux-aussi ravis de se déplacer dans vos locaux. Etes-vous satisfaite du bilan cinq mois après l’ouverture ?
Nous sommes au-dessus de ce que nous avions préconisé : 70 000 entrées depuis novembre 2025 ! Le cinéma fonctionne bien, même très bien, mais il ne faut pas que ce soit uniquement le phénomène d’ouverture. Il faut que cela continue. Nous attendons le bilan financier à 6 mois, qui aura donc lieu le mois prochain, pour décider d’éventuelles améliorations. Cela reste tout de même une économie fragile, et parfois, tout ne tient qu’à un fil… Et oui, en effet, les jeunes se déplacent. Le Quai des Lumières n’est pas seulement le cinéma de « Papa Maman », il accueille des jeunes qui en profitent avec le Pass Culture. Et nous tenons à rendre ce cinéma accessible, en termes de tarif et de qualité d’accueil.
Vous proposez des projections et des rencontres aux thèmes variés. Le public y prend beaucoup de plaisir et participe en masse à ces évènements. Et pour vous, en tant que directrice, en quoi ces formats « ciné débat », « ciné discuss’ » ou encore « ciné rando » sont-ils intéressants ?
Partager un cinéma avec les spectateurs , c’est prolonger le plaisir, en discutant et en échangeant. C’est aussi une autre manière de vivre le film. Nous ne faisons pas ce métier de directrice de cinéma pour être derrière un bureau. J’ai beaucoup de plaisir à connaître le public, à aller plus en profondeur avec eux. Souvent, les échanges sont riches, et dans une même semaine on peut parler du syndrome de Gil de la Tourette, comme de l’hyperconsommation alimentaire… C’’est extrêmement stimulant. C’est un bonheur de confectionner ce programme pour vous tous les quinze jours. Choisir des films, préparer les évènements avec toute l’équipe et savoir que vous adorez venir chez nous. (…)
Passez nous voir pour un café ou un ciné, on vous attend ! Extrait de l’édito du programme #12
Cinéma « Quai des Lumières » Frontignan ( 34)






