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« Les Armes de la lumière » de Ken Follett : fin de série…

  • Écrit par : Serge Bressan

folettPar Serge Bressan - Lagrandeparade.fr / Gallois de Cardiff, il apprécie par-dessus tout les pavés. Surtout ceux que, depuis les premières années 1970, il envoie en librairie !

A ce jour, il en a vendu, à travers le monde, près de 190 millions d’exemplaires- série en cours comme on dit puisqu’en ce début de mois, il propose, en sortie mondiale simultanée, « Les Armes de la lumière »- cinquième et dernier volet de la série « Kingsbridge » lancée en 1989 (l’année suivante pour la VF) et dont plus de 50 millions des quatre premiers volumes ont été vendus dans le monde… Ken Follett est aujourd’hui une star planétaire de la littérature- il fut d’abord (re)connu comme auteur de romans policiers, il est à présent tenu pour un des maîtres du roman historique. Pourtant, il ne manque pas de glisser qu’alors journaliste, il connut des débuts difficiles : « J'ai envoyé mes manuscrits les uns après les autres et après neuf échecs, j'ai pu publier le dixième »…

Aujourd’hui, il est multimillionnaire, fait tourner une petite entreprise de vingt-six personnes sous la direction de sa femme Barbara (ex-députée travailliste et ministre de la Culture du gouvernement Gordon Brown en 2008-2009) et roule en Rolls Royce noire et blanche. Un plumitif hexagonal a voulu faire le malin en tentant de lui faire dire qu’il y avait une contradiction à se dire de gauche et vivre dans le grand confort. Ce à quoi, élégance « so british », Ken Follett lui répondit : « Je suis un homme de gauche, pas un écrivain de gauche ». Essai transformé, tel un JPR Williams revêtu du maillot rouge frappé du poireau !
Avec « Les Armes de la lumière »- un titre emprunté à une phrase de la Bible, donc Ken Follett met un point final (du moins, l’affirme-t-il) à la série « Kingsbridge », débutée en 1989 avec « Les Piliers de la Terre » et qui court sur mille ans. L’écrivain a décidé de se poser, il confie : « Au début, je ne savais pas que ça deviendrait une saga. Mais parce que les gens ont beaucoup aimé « Les Piliers de la Terre », j’ai écrit un autre livre, puis un autre. J’ai écrit comme ça cinq livres sur la ville fictive de Kingsbridge et je pense que c’est assez. Il faut savoir s’arrêter avant que le public ne se lasse et là, je crois bien que le moment est venu...» Mais auparavant, Follett a fait sa révolution. Une révolution qui emplit entièrement, totalement « Les Armes de la lumière »… Tout y est, dont le féminisme, la révolution industrielle et le capitalisme. Ainsi, sur une période courant de 1792 à 1824, on est embarqué dans un formidable maelström, avec une révolution industrielle, des guerres napoléoniennes et la bataille de Waterloo. Il y a de l’épopée à tous les étages… et à toutes les pages ! En Angleterre, un gouvernement à poigne a décidé de faire du pays une puissance commerciale. De l’autre côté de la Manche, en France plongée dans la Révolution, ce sont les débuts de l’irrésistible ascension de Napoléon- les pays voisins observent, se positionnent en alerte maximale. A la même époque, chez les Anglais, c’est le boum de la révolution industriel avec, dans de nombreuses usines, la priorité donnée à la mécanisation des taches- conséquence : la dévalorisation du travail des ouvriers et la paupérisation de nombreuses familles. Le capitalisme est en marche…
A Badford, tout près de Kingsbridge, le village fictif apparu dès « Les Piliers de la Terre », un petit groupe d’habitants va mener la lutte. En attendant le grand soir, en espérant des lendemains radieux. Alors, ces personnages vont irriguer de leur grâce « Les Armes de la lumière ». Par exemple, Sal- elle a défié le fils du seigneur local, elle est chassée du village avec son fils Kit, 7 ans, et trouve un travail de fileuse chez Spade, jeune tisserand qui vient d’hériter de l’entreprise paternelle et est résolument tourné vers l’avenir- ainsi, il acquerra une « spinning jenny », machine qui multiplie le rendement par huit. Chez Follett, les personnages ont des airs de famille avec ceux d’Honoré de Balzac et de Léon Tolstoï. Et l’époque des « Armes de la lumière » est baignée de peurs, de menaces, de guerres avec un Napoléon qui, chef de guerre, sera vaincu à Waterloo. Quant à Ken Follett, demain matin et tous les autres jours qui suivront, il se lèvera à 5 heures 30, au plus tard 6 heures : « Je suis un lève-tôt, j’aime profiter de ces premières heures d’énergie où mon esprit est parfaitement clair, pour me concentrer avant le petit déjeuner... »

Les Armes de la lumière
Auteur : Ken Follett
Traduction : Odile Demange, Chantal Gaillard-Paris, Valentine Leÿs, Renaud Morin
Editions : Robert Laffont
Parution : 5 octobre 2023
Prix : 25,90 €

[bt_quote style="default" width="0"]Jusqu’à ce jour, Sal Clitheroe n’avait jamais entendu son mari pousser un tel cri. Après ce jour, elle ne l’entendit plus qu’en rêve. Il était midi quand elle arriva à Brook Field. Elle sut l’heure à la qualité de la lumière scintillant faiblement à travers le nuage gris perle qui drapait le ciel. Le champ couvrait quatre arpents de boue, une surface plane longée d’un côté par un petit torrent, et par une colline basse à son extrémité sud. Le temps était froid et sec, mais il avait plu pendant toute une semaine et la terre détrempée collait à ses souliers faits maison, cherchant à les lui arracher des pieds tandis qu’elle traversait les flaques à grand-peine au milieu de gerbes d’eau. Heureusement, c’était une grande femme robuste, et elle était endurante… [/bt_quote]

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