« Babel Torre Viva » : David Coria, bâtisseur de liens
- Écrit par : Romain Rougé
Par Romain Rougé - Lagrandeparade.com/ En prélude du festival Montpellier Danse, le Théâtre Molière de Sète a accueilli la création du chorégraphe andalou en première mondiale. La pièce se love entre la séduction brûlante, le spleen et la force brute du Flamenco pour faire éclore un lâcher-prise collectif.
Et si le désir de bâtir ensemble passait par la danse? Dans la douceur crépusculaire du Théâtre de la Mer, David Coria répare les fractures, panse les blessures, comble les vides laissés par l’extinction de la communion... Les corps s’ancrent au cœur des vieilles pierres encore chaudes pour déployer l’éclatante et puissante gestuelle du Flamenco, art idoine de la fusion (du chant, de la danse, de la musique). Au loin, trois musiciens font s’échapper des sonorités venues de contrées lointaines pour rythmer les pas des danseuses et des danseurs qui semblent chercher l’inspiration face à cette mer à la fois paisible et troublante…
Sous un ciel pastel aux teintes rosées (sacré Théâtre de la Mer !), les interprètes écument les sentiments contradictoires, du chagrin à la joie, de l’apathie à la vigueur, de la solitude à la compagnie, par vagues successives de poésie charnelle... Les mains claquent, les pieds détonent, les castagnettes déflagrent jusqu’à provoquer des états proches de la transe.
La tour qu’on tente de construire ici personnifie le désir de construire, mais David Coria n’élude jamais le risque d’effondrement : s’élever, se libérer, construire, tomber, se relever, encore et encore. Le chorégraphe et sa troupe ne lâchent rien - son solo presque métaphysique souligne à lui seul cette ardente ferveur ! - alors que d’autres tableaux tout aussi incandescents semblent émerger des braises d’une époque troublée.
Le temps d’une soirée d’été, ces mêmes corps et âmes fragmentés n’ont jamais été aussi beaux que lorsqu’ils sont ensemble et en mouvement… Ou lorsqu’ils essayent, tout simplement.
BABEL TORRE VIVA
DAVID CORIA
Idée originale et direction artistique : David Coria
Dramaturgie : Alberto Conejero
Chorégraphie : David Coria et les danseur·euse·s (Federico Nuñez, Felipe Clivio, Kotoha Setoguchi, Lucía la Bronce, Polina Sofia, Yardén Amir)
Collaboration chorégraphique : Florencia Oz
Direction musicale : David Lagos
Musique originale (format enregistré) : Pablo Peña
Musique : David Lagos, Juan M. Jiménez,
Juanfe Pérez et Isadora o’Ryan
Regard extérieur : Luz Arcas
Création costumes et regard esthétique :
Alejandra Gradis
Création Lumière : Inés de la Iglesia et
Carlos Carpintero (Clavija)
Son : Chipi Cacheda
Régie : Jorge « Limosnita »
Sur scène :
Danse : David Coria, Federico Nuñez, Felipe Clivio, Kotoha Setoguchi, Lucía la Bronce, Polina Sofia, Yardén Amir
Chant : David Lagos
Saxophones : Juan M. Jiménez
Basse électrique : Juanfe Pérez
Dates et lieux des représentations:
- Les 11 et 12 juin 2026 au Théâtre de la Mer - Spectacle co-accueilli Scène Nationale de Sète & l’Agora, Cité Internationale de la Danse | Montpellier Danse + CCN Occitanie, dans le cadre du Festival Montpellier Danse 2026 (20 juin – 4 juillet 2026).







