La papèterie Tsubaki : un enchantement d’écriture sur fond d'ancestrale tradition familiale

Écrit par Félix Brun Catégorie : Romans étrangers Mis à jour : jeudi 31 janvier 2019 06:34 Affichages : 1319

papèteriePar Félix Brun - Lagrandeparade.fr/ Dans la région de Tokyo; Hatoko revient à Kamakura où elle a hérité de « La papèterie Tsubaki », léguée par sa grand-mère, l’Aînée. C’est elle qui a élevé Hotoko, avec une certaine sévérité, une rigueur sans trop de concession; l’Aînée a éduqué sa petite fille à l’art de la calligraphie, lui a dévoilé tout le savoir-faire, toute la technique, toute sa passion pour l’écriture, pour le travail d’écrivain public. Mais un jour Hatoko s’est rebellée… "La vie ne va vraiment pas comme on l’entend". L’Aînée est restée avec sa sœur, et toutes deux disparues, Hatoko après plusieurs années de voyages, de découverte de la vie, de liberté, réapparait pour poursuivre l’ancestrale tradition familiale de la papèterie Tsubaki.

Hatoko la rebelle va à son tour écrire pour ceux qui n’y arrivent pas, n’osent pas, ne s’expriment pas correctement, et les autres. "Mes services d’écrivain public étaient sollicités, la plupart du temps, pour une lettre d’adieu, un mot de réconfort après une catastrophe naturelle, des encouragements à un étudiant qui avait échoué à un entretien d’embauche ou un message d’excuse après une bourde commise lors d’une soirée alcoolisée, bref tout ce qui est difficile à dire en face. Dans le lot, j’ai reçu commande d’une lettre ordinaire." Ce sont des lettres d’amour, de rupture, de condoléances, même un faire-part de divorce… "Parce qu’une lettre, c’est comme l’incarnation d’une personne." Hatoko, avec philosophie, sagesse et délicatesse va écouter ses clients, choisir avec recherche et raffinement les instruments appropriés, le papier, les timbres, tout ce qui correspond au mieux à l’esprit de la missive commandée… "C’est avec le corps qu’on écrit." Peu à peu, l’Aînée se réincarne en Hatoko qui découvre sa propre histoire à travers les lettres de sa grand-mère à une amie épistolaire qui vivait en Italie.

Ito Ogawa signe un roman tout en finesse, subtilité et poésie; elle invite le lecteur à la scince de la calligraphie et au génie de l’écriture, lui donnant une envie irrésistible d’apprendre et de maîtriser cet art, de jongler avec les mots. A travers des personnages simples, conviviaux, empathiques, dans le prisme de « La papèterie Tsubaki » on se délecte d’un Japon traditionnel et intemporel. Après "Le jardin arc-en-ciel", "Le Ruban", "Le restaurant de l’amour retrouvé", Ito Ogawa enchante la littérature japonaise avec ce nouveau livre, d’amitié, de partage, d’enchantement d’écriture.

La papèterie Tsubaki
Auteure : OGAWA Ito
Traduction : traduit du japonais pat Myriam Dartois-Ako
Date de parution : août 2018
Prix : 20€

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