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Harlem Quartet : négritude, (homo)sexualité, amour et fraternité en questions

Écrit par Julie Cadilhac Catégorie : Théâtre Mis à jour : dimanche 2 février 2020 21:52 Affichages : 835

harlemPar Julie Cadilhac - Lagrandeparade.com/ Dans le Harlem des années 50, James Baldwin raconte les destins de quatre adolescents : Julia, une jeune évangéliste « appelée » qui enflamme les foules en prêchant, Jimmy, son petit frère souffre-douleur de son père malveillant, Arthur, au talent de chanteur de gospel indéniable, et Hall, le frère aîné d'Arthur, qui s’apprête à partir pour la guerre en Corée.

Trente ans plus tard, la mort sordide d'Arthur dans un bar anglais conduit Hall à revenir sur leur jeunesse et il s’interroge sur les choix de chacun: Pourquoi Julia a-t-elle subitement cessé de prêcher? Quelles raisons a poussé le quartette à se disperser? Pourquoi Arthur, star incontestable, n'a-t-il jamais vraiment trouvé le bonheur malgré l'amour de Jimmy ? Ce texte percutant opère une autopsie brillante des dilemmes personnels qui questionnent non seulement les pressions sociales et psychologiques - qui n’aident pas à l’intégration des personnes noires et des hommes gays - mais aussi les blocages des individus eux-mêmes qui empêchent de s'accepter pour ce qu'ils sont.
Elise Vigier porte avec pertinence sur la scène ce roman magistral. Saul Williams compose un bel hommage à la musique qui imprègne chaque chapitre de l’œuvre, un mélange de musique originale jouée en live, de sons d’archives et de chants traditionnels de la communauté afro-américaine. La scénographie d’Yves Bernard propose, en harmonie avec les images tournées par Elise Vigier dans le Harlem d’aujourd’hui, un plateau constamment changeant et qui permet des analepses, ellipses et retours vers le futur permanentes avec fluidité et naturel. Chaque décor et ses accessoires percutent car rien n’y est de trop. Les lumières parachèvent ce travail de qualité. Les costumes de Laure Mahéo séduisent par leur imprégnation réaliste au contexte temporel et siéent parfaitement à la personnalité de chaque protagoniste. La mise en scène d’Elise Vigier réussit le challenge de nous immerger dans cet Harlem des années 50 grâce à une direction d’acteurs admirable qui offre des scènes mémorables, dont celle, par exemple, de Julia illuminée prêchant en robe blanche.
theatreApplaudissons enfin cette superbe distribution à la diction impeccable ( et il est important de le dire tant cette qualité se raréfie sur les scènes aujourd’hui) et à la justesse de jeu attrayante.
De cette adaptation, l’on se rappelle de la présence charismatique de Jean-Christophe Folly, narrateur fascinant dont on écoute les confidences de frère protecteur, de cette atmosphère troublante de restitution d’une Amérique vintage aux néons clignotants dans les rues, aux allées et contre-allées pavillonnaires que l’on arpente d’un bon pas, aux menaces continues pour ceux qui ne sont pas nés blancs - "l’horizon est un piège et rien pour se cacher"/"La peur est si dense qu’on pourrait la couper au couteau". On revoit l’enflammée Ludmilla Dabo étourdir l’assistance de ses paroles inspirées dans l’église, la douceur de la voix et du sourire de Makita Samba, l’oeil vif et le jeu percutant de William Edimo, la présence d’une fragilité émouvante de Nicolas Giret-Famin…
Harlem Quartet, c’est un road-feeling trip dans l’Histoire d’une Amérique intolérante et menaçante où les destins de quatre individualités s’essoufflent et se brisent. Un moment de théâtre de grande qualité!

Au bout de la route, y’a rien mec!

Harlem Quartet
D’après le roman de : James Baldwin, Just above my head
Adaptation et mise en scène : Élise Vigier
Traduction, adaptation et dramaturgie : Kevin Keiss
Lumière : Bruno Marsol
Scénographie : Yves Bernard
Assistante et collaboration artistique : Nanténé Traoré
Composition musique : Manu Léonard, Marc Sens et Saul Williams
Costumes : Laure Mahéo
Images : Nicolas Mesdom
Avec : Ludmilla Dabo, William Edimo, Jean-Christophe Folly, Nicolas Giret-Famin, Makita Samba, Nanténé Traoré et les musiciens Manu Léonard et Marc Sens
À l’image : Saul Williams, Anisia Useyman

Dates et lieux des représentations:
- Les 30 et 31 janvier 2020 au Théâtre Molière - Scène Nationale de Sète ( 34)
- Le 11/02/2020 à Le Granit - Belfort -Tel. +33 (0)3 84 58 67 67
- Du mar. 05/05/20 au sam. 09/05/20 au Théâtre du Nord - Lille -Tel. +33 (0)3 20 14 24 24

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