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« Quatre idiots en Syrie » de Christophe Donner : le Festival du cheval pour prétexte…

Écrit par Serge Bressan Catégorie : Romans français Mis à jour : mardi 26 novembre 2019 15:20 Affichages : 1665

donnerPar Serge Bressan - Lagrandeparade.fr / Par amour pour un cheval, pour le cheval, que ne ferait-on ? Certains sont même allés jusqu’en Syrie, pays en guerre, anéanti, vidé- depuis 2011, entre 300 000 et 500 000 personnes ont été tuées, 1,5 million sont devenues invalides, 6 millions ont fui à l’étranger…

Ecrivain tout terrain et tous genres de belle réputation, Christophe Donner conte son aventure dans un pétillant récit titré sobrement « Quatre idiots en Syrie » et résume : « C’est l’avantage des dictatures où la police politique protège les étrangers de toute espèce de contact avec les populations locales ». En ouverture, l’auteur qu’on avait quitté voilà peu avec deux romans (« Sexe » et « Au clair de la lune ») raconte également : « A Beyrouth, une fois passé la douane, on sera « pris en charge » par Adnan Azzam qui nous emmènera à Damas en voiture, les liaisons aériennes entre Paris et Damas ayant été supprimées à cause de la guerre. Je voyage en compagnie de Jean-Louis Gouraud, écrivain, Paul Rondeau, photographe, et Daniel Marinier, cinéaste. Entre nous quatre, un seul point commun : nous voyons comme une chance formidable, de pouvoir aller en Syrie ». Les quatre Français ont répondu à l’invitation des organisateurs du Festival du cheval. Au passage, on rappelle qu’en juillet 1920, le général Gouraud était entré à Damas avec ses troupes françaises- peu avant, il avait mis fin dans le sang à la révolte des nationalistes syriens ; autant dire que le nom « Gouraud » est pour le moins maudit en Syrie…

Voilà donc nos quatre Français qui arrivent pour ledit Festival, ils sont animés des meilleures intentions. Ils sont pris en charge par un certain Adnan Azzam dont la vocation (ou la mission ?) est très claire, très simple : il recrute des « amis » pour la Syrie, pour le régime syrien qui a grand besoin de respectabilité. Azzam, personnage réel ou de théâtre?, c’est un drôle de lascar : il se rêvait numéro 1 du parti Baas (au pouvoir de 1963 à 1966 puis depuis 1970 à aujourd’hui), il n’est rien d’autre qu’un serviteur zélé du régime ; marié à une Française, il a écrit un livre (« Le Cavalier de l’espoir »- 1989). Comme dans tout régime dictatorial, il sert de guide aux quatre Français- et fait tout pour qu’ils se sentent privilégiés. On les balade dans des haras et des manades, on les trimballe sur des plateaux télé pour des talk shows où l’on présente Jean-Louis Gouraud comme, selon l’affirmation d’Azzam, le plus grand écrivain français venu parler « au nom des millions d’Européens et de Français qui considèrent que la Syrie est le berceau de la civilisation » et comme le petit-fils du général détesté- mieux (ou pis?) : on y assure qu’il est venu en Syrie pour s’excuser sur le tombeau de Saladin des exactions de son grand-père. Problème : ledit général n’a jamais eu d’enfant !
Au pays de Bachar el-Assad, le régime applique les mêmes méthodes dont usaient ou usent encore l’URSS, l’ex-RDA, la Chine de Mao, Cuba de Castro, l’Albanie d’Hodja ou la Corée du Nord. Cornaqués par Azzam, les quatre Français découvrent la Syrie- Donner écrit : « Pauvre pays pauvre. Cette idée que les choses peuvent s’améliorer, il faut l’oublier. En voyant les gens qui font la queue pour acheter leur visa sous les portraits de Bachar el-Assad et de son défunt papa, on comprend qu’on est déjà passé dans un autre monde. Le monde des pays pauvres. Comment ils sont habillés, comment elles sont voilées, ça n’est pas folichon ». Très vite, Christophe, Jean-François, Paul et Daniel comprennent : en Syrie, ils débarquent dans le « village Potemkine ». Et, sciemment ou non, ils seront, pendant ce séjour, les « idiots utiles ». Ils ne parlent pas un mot d’arabe et, selon les mots de l’un d’eux, au Sheraton de Damas « le lit est bon »…

Quatre idiots en Syrie
Auteur : Christophe Donner
Editions : Grasset
Parution : 6 novembre 2019
Prix : 17 €

J’ai pensé faire un peu de provoc en apparaissant le lendemain coiffé d’un de mes petits bonnets druzes que m’ont offerts mes tantes libanaises de Deir-el-Qamara. Mais ils sont très fins. Je les porte à la maison, parfois pour dormir, ça me protège du froid. Je décide donc de ne rien changer à ma tenue et je t’emmerde Adnan Azzam, je n’ai pas à recevoir de leçons vestimentaires d’un type qui s’est fait faire un costume sur mesure d’après l’uniforme que portait Napoléon au pont d’Arcole.

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