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Dans les poches : Julian Barnes / Véronique Ovaldé / Jean Rouaud

Écrit par Serge Bressan Catégorie : Dans les poches Mis à jour : samedi 4 avril 2020 08:55 Affichages : 760

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« La seule histoire » de Julian Barnes

 

Depuis tant et tant, Julian Barnes déroule des romans, des nouvelles ou des essais avec une ponctualité élégante. En septembre 2018, nous parvenait en VF un roman délicieux, joliment titré « La seule histoire ». S’inspirant d’une de ses influences majeures (Gustave Flaubert), il livre là son « éducation sentimentale ». Le décor ? Une petite ville où les distractions sont bien peu nombreuses. Là, on y vit dans l’entre-soi, on fait en sorte qu’il n’y ait pas d’éclats de scandale… Là, il y a Paul Roberts, jeune homme de 19 ans, il va prochainement partir à l’université et, cet été-là, il s’ennuie. Il joue au tennis, c’est jour de tournoi, il est allé au club dans sa Morris Minor décapotable vert kaki, il a sa raquette Dunlop Maxply. Double mixte, on lui désigne pour partenaire Susan Macleod, elle a 45 ans, « rieuse irrévérencieuse », mariée depuis vingt-cinq ans, deux filles… Le mari, c’est le genre adipeux, ne prisant guère ce sport qu’est le tennis, ne jurant que par le golf. Les deux filles de Susan sont plus âgées que Paul… Susan est belle, charmante et chaleureuse. Il y a les matchs d’abord, il y aura plus que les matchs ensuite. Paul et Susan vont se rapprocher. Tout simplement l’amour, le vrai et bel amour. Un amour que Paul et Susan vont vivre d’abord en cachette avant de s’enfuir pour Londres. Le jeune homme va découvrir la faille cachée de Susan- elle est alcoolique. Il s’interrogera : l’âge adulte, est-ce fait vraiment pour lui ? Il aimera sans compter… Parce que c’est « la seule histoire », même s’il ne pourra peut-être pas vivre sa jeunesse…

La seule histoire
Auteur : Julian Barnes
Traduit par Jean-Pierre Aoustin
Editions: Folio / Gallimard
Parution : 13 février 2020
Prix : 8,50 €

 

 

ovaldé« Personne n’a peur des gens qui sourient » de Véronique Ovaldé

« L’attendu et l’inattendu… et la paranoïa ». En une formule, Véronique Ovaldé présente « Personne n’a peur des gens qui sourient »- première parution en février 2019. Une fois encore, elle tricote l’histoire d’une famille décousue, déchirée. C’est un jour de juin. Une femme, Gloria Marcaggi, part. Elle habite une petite ville en bord de Méditerranée, récupère ses deux filles à l’école, les embarque sans les avoir prévenues. Direction le nord-est. A proximité d’un lac à la profondeur insondable, la maison alsacienne de sa grand-mère dans la forêt de Kayserheim, là où, enfant, elle passait ses vacances. Dans les premières pages, l’histoire de Gloria ressemble à celle d’une fuite. Les questions fusent : de qui (ou de quoi) aurait-elle peur ? de qui (ou de quoi) voudrait-elle s’éloigner aussi prestement ? que cache-t-elle à ses filles, Stella l’adolescente de 16 ans à qui elle fait croire qu’elles partent en vacances, et Analuisa, 6 ans, surnommée Loulou ? vont-elles revenir, un jour, revenir en bord de Méditerranée ? En maîtresse dans l’art de tenir son récit, Véronique Ovaldé prend son temps. Ne dévoile pas immédiatement les tenants et aboutissants de l’histoire, prend le temps de peindre les personnages. Ainsi, on apprend qu’après la mort de son père qui l’a élevée jusqu’à l’adolescence, Gloria a été soutenue par Giovannangeli, dit «  Tonton Gio ». Un personnage paranoïaque, juste ce qu’il faut, qui l’a protégée, lui a offert un job de serveuse dans son bistrot baptisé La Traînée. Alors, elle va rencontrer le grand amour, il se prénomme Samuel, n’est pas très clair, vit de petits trafics, va devenir le père de ses deux filles, Samuel meurt dans des conditions étranges- ce soir-là, où était Gloria ?

Personne n’a peur des gens qui sourient
Auteure : Véronique Ovaldé
Editions : J’ai Lu
Parution : 5 février 2020
Prix : 7,20 €

 

 

rouault« Kiosque » de Jean Rouaud

En 1990, jeune homme de 37 ans, il publie son premier roman, « Les Champs d’honneur », et peu après, il reçoit le prix Goncourt. Très vite, on apprend que Jean Rouaud est kiosquier depuis sept ans au 101 rue de Flandres, dans un quartier populaire de Paris. Vingt-neuf ans plus tard, il revient sur ces années où il tenait le kiosque le jour et écrivait la nuit. C’est « Kiosque », paru initialement en janvier 2019 très certainement l’un des meilleurs textes de Jean Rouaud. D’une écriture toujours aussi stylisée, que certains qualifieront encore de « classique », de ce poste d’observation unique que fut le kiosque, il propose un regard sur le monde. Dans une belle galerie de personnages plus vrais que nature et hétéroclites, il y a les piliers de kiosque et les esseulés. Et Rouaud qui observe. Qui s’est mis à l’écart de la société. Il dit, il raconte qu’il a voulu toujours être écrivain. Avant « Les Champs d’honneur », nombre de ses écrits ont été refusés. Le Goncourt l’a sorti du kiosque. Pour notre plus grand bonheur !

Kiosque
Auteur : Jean Rouaud
Editions : Points / Seuil
Parution : 5 mars 2020
Prix : 7,40 €